Les filtres photos inquiètent les chirurgiens esthétiques

Les filtres photos inquiètent les chirurgiens esthétiques

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Dans un article publié le 2 août dernier dans la revue JAMA Facial Plast Surg, des chercheurs et médecins de l’université de Boston (Etats-Unis) mettent en garde contre les dangers de l’utilisation excessive des filtres photos sur les réseaux sociaux comme Snapchat ou Instagram. Le fait d’appliquer systématiquement ces filtres sur les selfies favoriserait les troubles psychologiques et inciterait à recourir à la chirurgie esthétique.

Le revers des réseaux sociaux

Jusqu’ici réservées aux personnalités et aux mannequins posant pour les magazines, les retouches photos se sont démocratisées avec le développement des réseaux sociaux et des applications. Il est désormais très facile de publier une photo de soi avec la peau plus lisse, les dents plus blanches ou le visage plus fin. Toutefois, les retouches photos sont loin d’être anodines puisqu’elle donne une image modifiée et filtrée de soi-même. Elles encouragent également les comparaisons avec les autres utilisateurs et ont finalement un impact sur l’estime de soi, favorisant un certain mal-être voire un trouble dysmorphophobique.

Derrière ce terme un peu barbare se cache une pathologie encore méconnue qui se traduit par une crainte d’être laid ou malformé. La dysmorphophobie peut entraîner un stress, des angoisses et conduire à un retrait social. Les personnes qui en souffrent se préoccupent à l’extrême de leur apparence et se focalisent sur ce qu’ils perçoivent comme des défauts. Elles recherchent tous les moyens qui pourraient leur permettre de modifier leur physique, allant jusqu’à demander des opérations de chirurgie esthétiques de plus en plus poussées.

Objectif : être beau sur les photos

C’est aux Etats-Unis qu’est née la tendance « Snapchat dysmorphia ». Objectif recherché : se faire opérer pour ressembler aux filtres du réseau social et être beau sur les photos. Les personnes qui sont les plus actives sont également les plus vulnérables. Cette tendance alarmante a en effet pour conséquence de brouiller la frontière entre la réalité et le fantasme.

Une enquête menée en 2017 par l’American Academy of Facial Plastic and Reconstructive Surgery a recueilli les témoignages de chirurgiens plastiques. Parmi les patients reçus au cours de l’année, 55 % ont demandé une chirurgie visant à améliorer leur apparence sur les selfies. En 2015, ils étaient 42 %. Cette augmentation montre qu’il s’agit d’un véritable phénomène et que les utilisateurs (en particulier les adolescents) doivent rester vigilants et garder à l’esprit que les photos publiées sur les réseaux sociaux ne reflètent pas la réalité.

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