Les fourmis, source de futurs médicaments ?

Les fourmis, source de futurs médicaments ?

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fourmis et médicamentsL’Organisation mondiale de la Santé alerte régulièrement les pouvoirs publics et les usagers sur les dangers liés à la résistance aux antibiotiques, considérant le problème comme « une urgence sanitaire mondiale ». En septembre dernier, elle se disait d’ailleurs très inquiète face au manque de nouveaux antibiotiques en développement qui pourraient répondre à cette menace.

Finalement, la solution pourrait bien se trouver juste sous notre nez, et plus précisément sous nos pieds : chez les fourmis ! Une récente étude, publiée dans le journal Royal Society Open Science, met en évidence la capacité de ces petits insectes à produire leurs propres antibiotiques.

Un espoir face à l’antibiorésistance

Pour parvenir à enrayer le cercle vicieux de l’antibiorésistance, les chercheurs ont étudié en laboratoire le comportement de 20 espèces de fourmis face à un agent bactérien. Résultat ? 12 espèces de fourmis ont présenté un agent antimicrobien sur leur exosquelette capable de se défendre contre l’agent bactérien. Une espèce s’est d’ailleurs montrée particulièrement efficace face à la bactérie utilisée : la fourmi voleuse. Un fait qui n’avait, jusqu’à maintenant, jamais été démontré par d’autres études.

« Le fait de trouver une espèce qui possède un puissant agent antimicrobien est une bonne nouvelle pour ceux qui sont intéressés à trouver de nouveaux agents antibiotiques qui peuvent aider les humains » commente Adrian Smith, co-auteur de l’étude.

Certaines espèces ne produisent pas d’antibiotiques

Outre cette bonne nouvelle pour tenter de faire face à l’antibiorésistance, les chercheurs se sont également aperçus que 8 espèces de fourmis ne semblaient pas du tout utiliser d’antibiotiques, ou du moins, que les antimicrobiens de leur exosquelette n’étaient pas efficaces contre la bactérie sélectionnée. Loin d’être une déception, ce constat est tout aussi intéressant d’après les chercheurs :

« Le fait que tant d’espèces de fourmis semblent avoir peu ou pas de défense chimique contre les agents pathogènes microbiens est également important » note Adrian Smith. « Nous pensions que chaque espèce de fourmi produirait au moins un certain type d’antimicrobien. Mais à la place, il semble que de nombreuses espèces ont trouvé d’autres moyens de se protéger contre les infections qui ne dépendent pas de produits chimiques antimicrobiens » ajoute son confrère Clint Penick, principal auteur de l’étude.

Pour les scientifiques, il est donc nécessaire de poursuivre les recherches, notamment pour déterminer quelles espèces peuvent faire face à d’autres bactéries et quelles substances exactes produisent les effets antibiotiques.

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