Les jeunes mal informés sur la contraception d’urgence

Les jeunes mal informés sur la contraception d’urgence

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Crédits photos : onsexprime.fr

Dans un communiqué de presse publié ce lundi 1er juillet, Santé publique France a révélé les principaux résultats de son Baromètre pour l’année 2016 et s’est penché plus précisément sur l’état des connaissances des moins de 30 ans concernant la contraception d’urgence. D’après les données récoltées, les jeunes âgés de 15 à 30 ans ne sont pas suffisamment bien informés sur les délais réels d’utilisation. Une campagne a donc été lancée pour rappeler les modalités de la contraception d’urgence.

Qu’est-ce que la contraception d’urgence ?

La contraception d’urgence est une solution de rattrapage qui permet d’éviter une grossesse non désirée en cas de rapport sexuel non ou mal protégé. Un oubli de pilule, un décollement de patch contraceptif, une rupture ou une absence de préservatif sont les principales situations qui amènent à la prise d’une contraception d’urgence. Cette méthode ne constitue pas une méthode de contraception régulière et ne doit être utilisée que ponctuellement.

La fameuse “pilule du lendemain” fait référence à la contraception d’urgence hormonale, à prendre par voie orale. Dans l’idéal, elle doit être prise dans les 12 heures qui suivent le rapport à risque, mais reste efficace jusqu’à 3 à 5 jours après selon le médicament utilisé. Ainsi, les pilules d’urgence à base de lévonorgestrel comme Norlevo® agissent dans un délai de 72 heures. La deuxième génération de pilules, contenant de l’acétate d’ulipristal (EllaOne®), peut être utilisée dans les 5 jours.

Une autre solution, beaucoup moins connue, consiste à se faire poser un Dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre. Cette méthode est considérée par le Collège national des gynécologues et des obstétriciens comme la plus efficace, car elle assure ensuite une contraception à long terme. Il peut être mis en place jusqu’à 5 jours après le rapport non protégé.

Des modalités d’accès bien connues

Le point positif de cette enquête Santé publique France réside dans le fait que les jeunes connaissent les modalités d’accès à la contraception d’urgence. Ainsi, 82 % des 15-30 ans savent que les différentes pilules d’urgence sont disponibles sans prescription médicale et de façon anonyme et 83 % connaissent le caractère de la gratuité pour les mineures. Pour rappel, vous pouvez vous procurer ces médicaments auprès de différents lieux :

  • pharmacies ;
  • centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) ;
  • centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) ;
  • infirmeries scolaires ;
  • services universitaires de médecine préventive et de prévention de la santé (SUMPPS).

Le DIU au cuivre peut lui aussi être délivré en pharmacie et nécessite l’intervention d’un gynécologue, d’une sage-femme ou d’un médecin généraliste pour être mis en place.

Délais d’utilisation : un niveau d’information insuffisant

Plus inquiétant, les 15-30 ans sont loin d’être au point sur les délais d’utilisation de la contraception d’urgence. La faute, selon Santé publique France, à l’appellation trompeuse “pilule du lendemain”. Environ 40 % des jeunes pensent que la contraception d’urgence hormonale n’est efficace que si elle est prise dans les 24 heures suivant le rapport sexuel à risque et seul 1 % connaît le délai maximum de 5 jours. Face à ce constat, le Ministère des solidarités et de la santé s’est associé à Santé publique France pour mettre sur pied une campagne de sensibilisation à destination des 18-25 ans. Les messages seront diffusés sur les sites internet les plus fréquentés par les jeunes ainsi que sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Snapchat) du 1er au 21 juillet. Ils renverront tous vers le site de référence et d’information fiable sur la sexualité : onsexprime.fr.

Nathalie Lydié, responsable de l’unité Santé sexuelle au sein de Santé publique France, insiste sur un point essentiel de cette campagne : “Bien que les filles soient les principales destinataires des informations relatives à la contraception et à la contraception d’urgence, il est important que ce message soit également entendu et intégré par les garçons afin qu’ils soient impliqués autour de cet enjeu qui concerne le couple et pas uniquement les jeunes filles.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter ces autres ressources :

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