L’OMS rend un rapport sévère sur la cigarette électronique

L’OMS rend un rapport sévère sur la cigarette électronique

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Le vendredi 26 juillet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rendu public son rapport mondial sur le tabac, dans lequel elle épingle les cigarettes électroniques. Selon l’institution, ces outils sont nocifs et ne peuvent pas être recommandés en tant qu’aide à l’arrêt du tabac. Très vite, le débat a été relancé entre défenseurs et fervents opposants à la e-cigarette.

Qu’est-ce que le vapotage ?

Les cigarettes électroniques ont fait leur apparition au milieu des années 2000 et se sont imposées rapidement, sous l’impulsion des consommateurs eux-mêmes. Cette nouvelle pratique, appelée vapotage, consiste à inhaler des vapeurs émises par le chauffage à haute température d’un liquide placé à l’intérieur de l’appareil. Certains de ces liquides n’ont pas d’odeur, mais il en existe aussi aux arômes variés : vanille, menthe, fruits rouges, caramel, cola…

La composition des liquides mise en cause

Le principal argument défendu par l’OMS pour alerter sur l’utilisation de la cigarette électronique est la composition des liquides, qui reste encore floue. Loïc Josseran, président de l’Alliance contre le tabac et professeur de santé publique à l’université de Versailles Saint-Quentin, partage cet avis : “on ne connaît pas leur composition dans le détail, on ne sait pas ce que les gens inhalent : il y a trop de références disponibles sur le marché et pas de normes”. Ce que l’on sait en revanche, c’est que certaines formules intègrent de la nicotine, une substance fortement addictive qui affecte le cerveau, surtout chez les jeunes fumeurs. L’OMS reconnaît que ces e-liquides ne contiennent ni goudron ni monoxyde de carbone, mais prévient que la vapeur diffuse des particules fines potentiellement toxiques pouvant atteindre les tissus pulmonaires. Il peut s’agir de métaux (plomb, nickel) issus de la bobine utilisée pour chauffer le liquide, ou d’additifs considérés comme sûrs dans l’industrie agroalimentaire, mais dont la forme vaporisée n’a pas été analysée. L’OMS est également inquiète vis-à-vis de l’utilisation de la cigarette électronique par des non-fumeurs, en particulier les adolescents. En effet, plusieurs études ont montré que les jeunes non-fumeurs qui commencent à vapoter sont plus susceptibles de passer aux cigarettes traditionnelles par la suite.

Les arguments en faveur de la cigarette électronique

À la suite de la publication du rapport de l’OMS, les fabricants de cigarettes électroniques ont fortement réagi, à l’image de la Fivape (Fédération interprofessionnelle de la vape) qui dénonce une “désinformation”. Certains spécialistes de la lutte contre le tabac défendent quant à eux l’efficacité de la e-cigarette dans le cadre du sevrage tabagique. Le professeur Gérard Dubois, auteur d’un rapport sur le sujet pour l’Académie de médecine française, précise : “certains fumeurs n’aiment pas les patchs ou les gommes. Offrir une gamme d’outils étendue augmente la population de fumeurs susceptible de trouver la méthode qui leur convient pour arrêter”. En outre, une étude britannique publiée en février 2019 dans le New England Journal of Medicine a révélé que les cigarettes électroniques étaient plus efficaces que les patchs, gommes et autres substituts nicotiniques.

En ce qui concerne les fumeurs, les scientifiques s’accordent pour le moment à dire que remplacer la cigarette par le vapotage est moins nocif, car, bien que la nicotine soit toujours présente, les composants cancérigènes ne sont plus inhalés. En 2015, l’Académie de médecine française déclarait déjà : “même s’il est difficile de quantifier précisément la toxicité à long terme de la cigarette électronique, celle-ci est à l’évidence infiniment moindre que celle de la cigarette traditionnelle”.

Lutte contre le tabac : toujours une priorité

En France, le ministère de la Santé a toujours fait part de sa réticence face à la cigarette électronique. La ministre Agnès Buzyn a d’ailleurs placé la lutte contre le tabac dans la liste de ses priorités. Selon elle, la baisse du nombre de fumeurs n’est pas liée à la e-cigarette, mais davantage à des mesures fortes telles que l’augmentation des prix, le remboursement des patchs et gommes de sevrage tabagique, ou l’opération « Mois sans tabac ».

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