Manger bio réduit le risque de cancer ?

Manger bio réduit le risque de cancer ?

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Manger bio, est-ce vraiment meilleur pour la santé ? Cela ne fait plus aucun doute selon une récente étude menée par une équipe de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et publiée dans la revue JAMA Internal Medicine. D’après les recherches, une alimentation bio régulière ferait baisser de 25 % le risque de cancer. Et les résultats seraient encore bien plus impressionnants pour le cancer du sein ou les lymphomes.

Une étude menée auprès de 70 000 personnes

Pour arriver à ce résultat, des chercheurs ont demandé à 68 946 personnes d’évaluer leur fréquence de consommation d’aliments bio (« jamais », « de temps en temps » ou « la plupart du temps ») pour 16 groupes alimentaires, dont les fruits et légumes, les produits laitiers ou encore les féculents.

Au cours des 7 années de suivi, 1 340 nouveaux cas de cancers ont été enregistrés chez les participants. Or, les chercheurs se sont aperçus que la consommation importante d’aliments bio était inversement associée avec le risque de cancers. Les gros consommateurs ayant un risque inférieur de 25 % de se voir diagnostiquer un cancer par rapport à ceux déclarant la consommation la plus modérée. Cette association inverse est d’ailleurs particulièrement marquée pour les cancers du sein chez les femmes ménopausées (-34 % de risque) et les lymphomes (-76 % de risque).

Le communiqué de presse de l’Inra précise que les résultats tiennent comptent de divers facteurs de risque pouvant impacter cette relation (facteurs sociodémographiques, alimentation, modes de vie, antécédents familiaux). Par exemple, les chercheurs ont intégré le fait que les consommateurs d’aliments bio ont en moyenne une alimentation plus saine, pratiquent plus régulièrement de l’exercice physique ou encore appartiennent à des catégories sociales plus élevées que la moyenne. Ainsi, toute la difficulté de l’exercice consistait à obtenir les résultats le plus justes possible, sans que d’autres éléments influent sur le risque de contracter diverses maladies – dont le cancer.

La faute aux pesticides ?

Pour expliquer cette relation, les chercheurs avancent plusieurs hypothèses. D’abord, elle pourrait être expliquée par la présence de résidus de pesticides synthétiques beaucoup plus fréquente et à des doses plus élevées dans les aliments issus d’une agriculture conventionnelle, comparés aux aliments bio. Ensuite, les teneurs plus importantes de certains micronutriments dans les aliments bio pourraient avoir un effet protecteur.

L’Inra précise néanmoins que cette étude ne peut, à elle seule, établir un lien de cause à effet entre alimentation conventionnelle et risque de cancer. D’autres investigations, dans différents contextes, sont attendues pour confirmer ces résultats.

L’Institut encourage tout de même les consommateurs à se tourner vers des aliments cultivés selon des modes de production diminuant l’exposition aux pesticides, comme le préconise déjà le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) pour les fruits et légumes, les légumineuses et les produits céréaliers complets.

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