Médicaments : gare aux erreurs de dosage et de délivrance !

Médicaments : gare aux erreurs de dosage et de délivrance !

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Ces derniers jours, deux cas médicaux sérieux ont été rapportés aux Etats-Unis et en Ecosse. Le premier est lié au non respect du dosage conseillé et le second à une erreur de délivrance. Dans les deux situations, les dommages ont été provoqués par un médicament contre les troubles érectiles.

Des dommages irréversibles à la rétine

Le premier cas a été relayé par le Daily Mail le 11 janvier. Aux Etats-Unis, un homme d’une cinquantaine d’années vivant dans le Massachusetts a pris une dose trop élevée de Viagra, ce qui a entraîné des séquelles irréversibles au niveau de sa rétine. La dose maximale prescrite est de 50 mg par prise mais cet homme n’a pas respecté la posologie et a ingéré 750 mg, soit 15 fois plus que la dose habituelle. Dans les heures qui suivent, l’homme présente le premier symptôme du surdosage : une intolérance accrue à la lumière (photophobie) et l’apparition d’anneaux lumineux dans son champ de vision. Malgré ces signes alarmants, il ne se rend pas immédiatement chez un médecin et attend 2 mois avant de consulter un ophtalmologiste. L’examen révèle que la rétine est endommagée de manière irrémédiable.

Un cas loin d’être isolé

Des recherches antérieures avaient déjà démontré que le double de la dose habituelle de Viagra suffit à provoquer des lésions. Les problèmes de vision sont les plus fréquents. D’après une étude publiée en 2014 dans la revue Experimental Eye Research, ils concerneraient 50 % des hommes ayant pris 2 fois la dose prescrite. La plupart du temps, les symptômes sont provisoires et disparaissent spontanément. Ces effets secondaires sont liés au principal composant du Viagra, le sildénafil, qui bloque une enzyme appelée phosphodiestérase 6, située dans les photorécepteurs de la rétine.

Des brûlures oculaires après une erreur de délivrance

Le second cas s’est déroulé en Ecosse et a été rapporté par la BBC. A Glasgow, une femme est arrivée aux urgences en se plaignant de brûlures aux yeux. Quelques heures auparavant, elle avait utilisé un médicament destiné aux troubles de l’érection. Il faut reprendre son parcours depuis sa visite chez le médecin pour comprendre. Souffrant de sécheresse oculaire et d’érosion cornéenne, la femme se rend chez son médecin qui lui délivre une ordonnance pour du VitA-POS, une pommade ophtalmologique à base de paraffine qui a pour but d’améliorer le film lacrymal. Après avoir récupéré le produit à la pharmacie, c’est en toute confiance qu’elle l’applique sur ses yeux. Par la suite, sa vision se trouble, ses paupières gonflent et deviennent rouges et une sensation de brûlure s’installe. La patiente, qui pensait avoir appliqué du VitA-POS, a en fait utilisé du Vitaros, une crème prescrite pour les troubles de l’érection et qui s’injecte normalement dans le pénis et non dans les yeux. Le pharmacien avait mal lu la prescription du médecin et n’avait pas délivré le bon médicament. Les lésions chimiques survenues sur les yeux de la femme ont pu être traitées par des antibiotiques, des stéroïdes et du lubrifiant topique.

1 erreur pour 5 médicaments prescrits

Le docteur Magdalena Edington exerce au Tennent Institute of Ophtalmology à Glasgow. Selon elle, « les erreurs de [délivrance] sont communes et les médicaments avec des noms ou des emballages similaires augmentent ce risque ». Une étude publiée en 2018 a montré qu’en Grande-Bretagne 1 erreur survient pour 5 médicaments prescrits. Ces erreurs seraient à l’origine de 700 décès par an. Pour y remédier, les médecins sont encouragés à taper leurs ordonnances sur ordinateur. Ceux qui choisissent de rester aux prescriptions manuscrites sont sensibilisés au fait d’écrire en utilisant des lettres capitales et en n’oubliant pas la ponctuation, notamment les traits d’union, qui ont toute leur importance.

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