Médicaments non-génériques : remboursement revu à la baisse

Médicaments non-génériques : remboursement revu à la baisse

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Le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour l’année 2019 a été présenté ce mardi 25 septembre par le ministère des solidarités et de la santé et celui de l’économie. Les mesures annoncées ont pour objectif d’atteindre 3,8 milliards d’euros d’économie dans le secteur. L’une de ces mesures consiste à renforcer le recours aux médicaments génériques, qui représentent actuellement environ 36 % des ventes en pharmacie.

Les non-génériques moins bien remboursés

A partir du 1er janvier 2020, les patients qui refuseront les médicaments génériques proposés par leur pharmacien sans que cela ne soit médicalement justifié seront moins bien remboursés. Le remboursement se fera alors sur la base du prix du générique, en moyenne 40 % moins cher que le princeps (médicament d’origine). Les patients qui voudront obtenir un médicament avec un nom de marque devront mettre un peu la main à la poche. Selon Agnès Buzyn, ministre de la santé, il s’agit d’apposer « un même niveau de prise en charge pour des soins de même qualité ».

Des prescriptions plus encadrées

Les ordonnances faites par les médecins feront quant à elles l’objet d’un encadrement plus poussé, notamment vis-à-vis de la mention « non substituable » qui empêche les pharmaciens de proposer des génériques. Les conditions dans lesquelles ils pourront faire figurer cette mention devraient être mieux régulées et des critères médicaux objectifs seront définis en lien avec l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Aujourd’hui, le taux de substitution est supérieur à 80 %, ce qui démontre le succès des médicaments génériques. Toutefois, certains indicateurs révèlent que ce phénomène commencerait à s’essouffler.

Un geste citoyen

Le ministère de l’économie estime que ces mesures inédites permettront de réaliser à court terme 100 millions d’euros d’économies. Agnès Buzyn a également déclaré que la France a « un retard considérable sur l’utilisation des médicaments génériques » et que ces nouvelles habitudes à prendre constituent un véritable « geste citoyen ». À long terme, cela permettra à la Sécurité sociale d’investir dans des médicaments et des traitements innovants, notamment pour les cancers chez les enfants. Ce serait aussi un moyen de mieux maîtriser les dépenses en termes de médicaments remboursables et de redresser encore davantage les comptes de la Sécurité sociale qui afficheront un excédent en 2019 après 18 années de déficit.

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