Movember : mobilisation pour la santé masculine

Movember : mobilisation pour la santé masculine

191
0
<<<
>>>

Comme chaque année, Octobre Rose passe le relais à Movember. Si le mois qui vient de s’écouler était placé sous le signe de la lutte contre le cancer du sein, novembre sera entièrement dédié à la santé masculine et plus particulièrement aux cancers de la prostate et des testicules. Vos pères, frères, cousins, amis et collègues se lanceront peut-être le défi de se laisser pousser la moustache pour montrer leur soutien. Connaissez-vous les origines de Movember ? Que savez-vous des cancers masculins ? Nous vous proposons une petite piqûre de rappel !

Une action née à l’autre bout du monde

En 2003, Travis Garone et Luke Slattery, deux australiens, se retrouvent autour d’un verre et se lancent dans un pari un peu loufoque : réhabiliter le port de la moustache, considéré comme ringard. Ils parviennent à mobiliser 30 autres hommes sur ce projet et décident rapidement de le rattacher à une bonne cause. En 2004, la Movember Foundation voit le jour et s’engage à sensibiliser, informer, récolter des fonds et accompagner les hommes avant, pendant et après leur combat contre le cancer. En un an, 54 000 dollars sont récoltés et reversés à la Prostate Cancer Foundation of Australia (PCFA).

Une mobilisation à l’échelle mondiale

Petit à petit, le mouvement s’étend. Il atteint la Nouvelle-Zélande, pays voisin, puis les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et beaucoup d’autres pays d’Europe et même d’Asie. La France se mobilise en 2012 alors que Movember a déjà pris une envergure mondiale. En 2016, la fondation s’allie à la National Breast Cancer Foundation of Australia afin de récolter encore plus de fonds destinés à la recherche.

Depuis le lancement du mouvement, plus de 1 200 projets liés à la santé masculine ont été financés et plus de 5 millions de personnes dans le monde participent aux actions ou les soutiennent en faisant des dons. Tous les ans, des défis et des conférences sont organisés dans de nombreux pays autour de la thématique des cancers masculins mais également de la santé mentale et de la prévention du suicide. L’objectif fixé pour 2030 est de réduire de 25 % le nombre de décès prématurés chez les hommes.

Cancer de la prostate : le plus répandu chez les hommes

En France, 71 000 nouveaux cas de cancer de la prostate sont détectés chaque année. Plus d’un homme sur neuf sera concerné par cette pathologie au cours de sa vie. Le cancer de la prostate survient rarement avant l’âge de 50 ans et la majorité des cas sont diagnostiqués entre 60 et 90 ans. Le risque d’être touché augmente en même temps que l’espérance de vie mais celui d’en décéder est en net recul grâce à l’amélioration de la prise en charge et au diagnostic précoce. Ainsi, le nombre de décès liés au cancer de la prostate est actuellement inférieur à 9 000 par an et ne cesse de baisser.

La prostate est une petite glande de la taille d’une noix présente uniquement chez l’homme. Elle est située sous la vessie, près des voies urinaires et génitales. Ses fonctions principales sont de produire une partie des sécrétions constituant le sperme et de se contracter pour permettre l’éjaculation. Le cancer se développe à partir d’une cellule normale qui se transforme et se multiplie de manière anarchique jusqu’à former une masse que l’on appelle tumeur. Les formes graves de la maladie et certains traitements peuvent avoir un impact très fort sur la vie des hommes qui sont touchés, d’où la nécessité de les suivre et de les soutenir au quotidien.

Apprendre à reconnaître les symptômes

Le cancer de la prostate est à l’origine d’anomalies et de troubles qui ne se manifestent pas toujours de manière visible. La seule façon de les détecter est de se faire dépister à partir de 55 ans et dès 50 ans en cas d’antécédents familiaux. Le médecin effectuera un toucher rectal afin de déceler les éventuelles modifications de la prostate.

Les premiers signes pouvant faire suspecter un cancer sont des troubles urinaires : besoin fréquent et/ou pressant d’uriner ; incapacité à uriner ; jet d’urine faible, réduit ou inconstant ; sensation de brûlure ou de douleur à la miction. Des troubles de l’érection peuvent aussi apparaître, notamment des douleurs lors de l’éjaculation ou la présence de sang dans le sperme.

Si une tumeur n’est pas détectée, elle peut rapidement grossir et s’étendre au-delà de la capsule prostatique, une sorte d’enveloppe qui sépare la prostate des tissus et des organes voisins. Les symptômes sont alors plus alarmants et indiquent que le cancer a atteint un stade plus avancé. Il peut s’agir de douleurs osseuses localisées au niveau du dos, des hanches, des cuisses et du cou. Les troubles urinaires s’aggravent jusqu’à l’incontinence et sont parfois associés à une fatigue importante, une perte de poids et des engourdissements dans les jambes et les pieds.

Cancer des testicules : de bonnes chances de guérison

Beaucoup plus rare, le cancer des testicules représente entre 1 et 2 % des cancers masculins. Il touche toutefois des hommes plus jeunes, entre la puberté et l’âge de 45 ans, qui ne sont pas toujours bien informés. Ce type de cancer présente un bon pronostic puisque le taux de guérison est supérieur à 90 % lorsqu’il est diagnostiqué à temps grâce à une palpation et à la réalisation d’une échographie ou d’une IRM. Dans la plupart des cas, le testicule touché est retiré par chirurgie et remplacé par une prothèse. Un protocole de chimiothérapie peut également être mis en place. Après rémissions, l’homme peut ensuite reprendre une vie complètement normale et son activité sexuelle reste inchangée.

Pour savoir comment participer au Movember, rendez-vous sur le site français du mouvement : fr.movember.com/?home. Vous y retrouverez toutes les informations relatives aux événements organisés sur le territoire et des défis à relever durant tout le mois de novembre.

Laissez votre commentaire