Nouveau plan santé : à quoi faut-il s’attendre ?

Nouveau plan santé : à quoi faut-il s’attendre ?

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Source : twitter @EmmanuelMacron

Ce mardi 18 septembre, le chef de l’État, Emmanuel Macron a présenté officiellement le nouveau plan santé du gouvernement baptisé « Ma santé 2022, un engagement collectif ». Au programme : une rénovation du système de santé destinée à renforcer l’offre des soins d’ici quatre ans et qui vise également à répondre au malaise grandissant des soignants.

Dans les grandes lignes, plusieurs points importants se distinguent comme la création d’un nouveau métier d’assistant médical, la fin du numerus clausus, la création de communautés professionnelles de territoire de santé ou encore l’investissement de 400 millions d’euros supplémentaires en 2019 pour réaliser ces projets. Explications.

Lutte contre les déserts médicaux

Lors de la présentation de cette réforme ce matin, le président de la République a indiqué vouloir « construire le système autour du patient » afin de lui « permettre d’accéder aux soignants dont il a besoin ». En d’autres termes, il souligne la nécessité que des médecins soient disponibles et accessibles géographiquement pour tous les Français. Contre les déserts médicaux, il mise essentiellement sur une réorganisation du territoire en développant les « maisons de santé ». Il a également indiqué vouloir envoyer en urgence 400 médecins généralistes dans « les territoires les plus critiques ». Ces médecins auront un exercice mixte entre médecine hospitalière et libérale, afin de répondre à toutes les demandes.

Suppression du numerus clausus

Pour les mêmes raisons, le numerus clausus sera supprimé « dès la rentrée 2020 » a indiqué le chef de l’Etat. Cette décision aura, selon lui, « un impact dans 15 ans » sur l’accès aux soins des patients. Néanmoins, il a précisé que le « parcours de formation restera sélectif » pour les futurs médecins.

Création de 4 000 postes d’assistants médicaux

Pour soulager les spécialistes et médecins de ville, souvent débordés, le gouvernement va créer un nouveau métier : celui d’assistant médical. Son rôle sera d’accompagner et de décharger les médecins d’actes simples, mais aussi pour remplir des tâches administratives. « L’objectif du quinquennat est d’en déployer au moins 4 000 » a assuré Emmanuel Macron.

Pour les patients, cela devrait faciliter l’accès aux spécialistes. Aujourd’hui, il faut parfois attendre des mois avant de pouvoir rencontrer un dentiste ou un ophtalmologue, par exemple.

Allègement des services d’urgence

Pour soulager les urgences, la réforme entend favoriser une meilleure articulation entre l’hôpital et la médecine de ville. Cela passe notamment par une meilleure coordination du parcours de santé des patients, afin que chacun puisse mieux s’organiser et consulter le bon spécialiste, plutôt que de se rendre aux urgences lorsque cela n’est pas nécessaire.

« Il n’est plus possible qu’en situation d’urgence, le patient ne sache pas à qui s’adresser », a déclaré le chef de l’État, évoquant la « nécessité de repositionner l’hôpital à sa juste place » et la « nécessité de désengorger les services d’urgences ».

Le président de la République a notamment indiqué vouloir « développer de nouveaux outils numériques », afin que les différents intervenants puissent partager l’information médicale au sein d’un même dossier. La création des maisons de santé devrait alors permettre de mieux orienter les patients vers des praticiens de proximité.

En revanche, la mise en place d’un numéro d’appel unique en cas d’urgence ne semble, quant à elle, pas encore d’actualité.

Nouvelle organisation pour les hôpitaux

Toujours dans l’objectif de décharger les hôpitaux, le gouvernement souhaite redistribuer l’offre de soins sur le territoire. En pratique, les établissements pourront se spécialiser selon trois niveaux : les soins de proximité, les soins spécialisés et les soins ultra-spécialisés. Cela signifie que les petits hôpitaux n’auront plus à réaliser d’actes de pointe, alors que les plus grandes structures pourront se libérer des soins classiques pour se concentrer sur des opérations plus compliquées.

« Les hôpitaux de proximité doivent faire davantage de soins de proximité et les établissements de pointe faire davantage d’actes de pointe » a indiqué Emmanuel Macron. « Je préfère qu’un patient subisse une opération lourde à 50 km de chez lui pour bénéficier des soins de qualité et qu’il puisse bénéficier des soins de suivi près de chez lui ».

Investissement pour l’innovation

Le chef de l’État a également mis l’accent sur l’importance de l’innovation thérapeutique. Selon lui, la France doit « redevenir une grande terre d’innovation en médicaments » ajoutant que « nous avons tous les moyens pour devenir les champions de l’intelligence artificielle ».

Évaluation de la qualité des soins

Le gouvernement souhaite également que les hôpitaux, mais peut-être aussi les médecins libéraux, puissent être évalués de façon transparente. Cela pourrait prendre la forme d’un sondage effectué auprès des patients. Il s’agirait d’une façon pour les professionnels de revalider leurs pratiques.

Un effort financier pour la santé

Pour mettre en place ce nouveau plan santé, un effort financier de 400 millions d’euros devrait être réalisé par le gouvernement en 2019.

L’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) a donc été revu à la hausse, passant de 2,3% à 2,5%. Le plan santé ne précise néanmoins pas si ce niveau sera maintenu pour les années suivantes.

 

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