Octobre Rose : mobilisation contre le cancer du sein

Octobre Rose : mobilisation contre le cancer du sein

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Comme chaque année, le mois d’octobre est consacré à la sensibilisation et à la lutte contre le cancer du sein. Celui-ci est le plus fréquent et le plus mortel chez les femmes. Ainsi, en 2018, 59 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués, et plus de 12 000 femmes sont décédées. Pourtant, lorsqu’il est détecté et pris en charge tôt, le cancer du sein présente un très bon taux de survie. Partout en France, des événements et des manifestations sont organisés par les institutions de santé et les associations à l’occasion d’Octobre Rose. L’objectif est de rappeler à toutes les femmes l’importance de la prévention et du dépistage.

“La prévention, c’est tous les jours”

D’après les données disponibles, 4 cancers du sein sur 10 résultent de facteurs de risque liés au mode de vie. L’Institut national du cancer (INCa) et le ministère de la Santé se sont associés et ont lancé une campagne d’information visant à faire prendre conscience aux femmes qu’il existe des gestes simples de prévention. Ainsi, arrêter de fumer constitue le moyen de prévention le plus efficace contre le risque de développer tout type de cancer. En 2018, 2 600 cas de cancer du sein ont ainsi été attribués au tabagisme. Il est également primordial de limiter sa consommation d’alcool (pas plus de 2 verres par jour), de pratiquer au moins 30 minutes d’activité physique chaque jour et de veiller à avoir une alimentation équilibrée pour limiter le surpoids et l’obésité. Ces recommandations sont valables à tout âge. À cela s’ajoute, pour les femmes âgées de 50 à 74 ans, le fait d’honorer les invitations au dépistage organisé et d’effectuer une mammographie tous les 2 ans.

Un nouveau mode de dépistage à l’essai

Financé par l’Union européenne et soutenu par l’INCa, un nouvel essai clinique a été lancé afin d’établir une stratégie de dépistage personnalisé. Cette nouvelle méthode sera testée dans 4 pays d’Europe, dont la France, et en Israël. Dénommée My PeBS, pour My personal breast screening, elle concernera 85 000 femmes volontaires (dont 20 000 en France) âgées de 40 à 70 ans. L’essai devrait durer 6 ans et demi au total, 4 ans étant consacrés au suivi. Un questionnaire de pré-éligibilité est d’ores et déjà disponible sur le site de My PeBS. L’objectif est de comparer le mode de dépistage actuel, en place depuis 2004, à un dépistage basé sur le risque individuel de cancer du sein. Après avoir réalisé un test salivaire et une visite de communication autour du risque estimé, chaque femme se verra remettre un calendrier de dépistage adapté à son cas :

  • risque bas = 1 mammographie tous les 4 ans ;
  • risque modéré = 1 mammographie tous les 2 ans ;
  • risque élevé = 1 mammographie tous les ans ;
  • très haut risque = 1 mammographie et 1 IRM tous les ans jusqu’à l’âge de 60 ans.

Le cancer du sein chez les femmes jeunes

Si l’âge médian au moment du diagnostic de cancer du sein est de 63 ans, environ 5 % des cas concernent des femmes âgées de moins de 40 ans, ce qui représente près de 3 000 femmes. Selon l’Institut Curie, cette réalité est encore méconnue du grand public, mais aussi des professionnels de santé. Chez une patiente jeune, ceux-ci n’associent pas toujours une grosseur ou autre symptôme inhabituel à un signe avant-coureur de cancer du sein. Il n’y a alors pas de dépistage, ce que regrette le docteur Florence Coussy, gynéco-oncologue à l’Institut Curie : “si les tumeurs bénignes sont les anomalies les plus fréquentes chez la femme jeune, le cancer du sein existe aussi avant 40 ans. Il faut donc être vigilant face à toute anomalie survenant au niveau des seins, quel que soit l’âge”. Notons qu’avec une prise en charge précoce, le taux de survie à 5 ans chez les moins de 45 ans atteint 90 %.

Le ministère de la Santé a fait part de sa volonté de moderniser le mode de dépistage actuel. Il souhaite notamment la mise en place d’une consultation de prévention dès l’âge de 25 ans afin d’expliquer l’intérêt et les modalités du dépistage, d’interroger la femme sur ses antécédents familiaux et sur ses risques individuels afin de lui proposer une surveillance adaptée.

#JaimeMesSeins

Pour la deuxième année consécutive, la Ligue contre le cancer lance sa campagne #JaimeMesSeins sur les réseaux sociaux. Le but est de dédramatiser l’acte du dépistage par l’humour. En effet, depuis 3 ans, le taux de participation est en baisse, menaçant de passer sous le seuil des 50 %. En cause : un manque d’informations, un certain tabou, des craintes et une désinformation. Le suivi médical et la palpation des seins, et même l’autopalpation, sont essentiels pour déceler une éventuelle anomalie avant les premiers symptômes. Ils peuvent être assurés par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme, et sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie. Les femmes qui sont touchées par les mutations familiales BRCA 1 et BRCA 2, qui prédisposent au cancer du sein et de l’ovaire, bénéficient quant à elles d’un suivi spécifique.

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