Pénurie de médicaments : les institutions en alerte

Pénurie de médicaments : les institutions en alerte

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L’Académie nationale de pharmacie a publié le 20 juin dernier un rapport traitant de l’indisponibilité des médicaments en France. Ce rapport fait écho à une mission d’information du Sénat présidée par le sénateur Yves Daudigny portant sur la pénurie ou le risque de pénurie de médicaments essentiels et de vaccins. Des recommandations et des pistes ont été énoncées afin de contrer ce phénomène inquiétant.

Une pénurie qui s’accentue

Dès 2008, l’Académie de pharmacie avait été la première institution à déclencher l’alarme sur le risque de pénurie des produits figurant sur la liste des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM). Un nouveau pic a été atteint en 2017 : environ 530 produits de cette liste ont connu des ruptures de stock et/ou des tensions liées à l’approvisionnement au cours de l’année. Cela représente une hausse de 30 % par rapport à 2016.

Toutes les classes thérapeutiques sont concernées par ce problème. Les plus impactées sont les anticancéreux (5-FU, vincristine), les anti-infectieux (antibiotiques, vaccins) et les médicaments prescrits pour le traitement des pathologies du système nerveux.

Plusieurs éléments mis en cause

Cette pénurie est due à l’association de différents facteurs. Le Dr. Patrick Maison, directeur de la surveillance de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), met en avant quatre causes principales : le déséquilibre entre la production et la demande, les dysfonctionnements au sein de la chaîne de production, les défauts de qualité des produits finis et les difficultés d’approvisionnement en matières premières.

L’Académie de pharmacie va plus loin et pointe du doigt une réglementation contraignante, des normes de fabrication pesantes et des traitements administratifs complexes. Le prix français de certaines molécules indispensables est également jugé peu incitatif à l’investissement des industriels du secteur : l’écart étant souvent trop faible entre le prix de revient et le prix de vente, leur marge s’en trouve réduite et ils se tournent alors vers d’autres pays européens plus rentables.

Communication et coordination

Malgré le lancement d’un plan de gestion de la pénurie en 2017, la dégradation semble se poursuivre en France mais également en Europe. L’ANSM a donc livré une liste de recommandations pour enrayer le phénomène : communication plus précise auprès des professionnels au sujet de la durée des ruptures de stock et renforcement de la coordination entre les états européens sont les principales mesures.

Le Pr. Dominique Le Guludec, présidente de la Haute autorité de santé (HAS), demande également une meilleure anticipation face à l’augmentation de la demande en médicaments, la relocalisation de la production des substances actives et la revalorisation des tarifs des médicaments anciens pour davantage de compétitivité.

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