Pilule contraceptive : la pause entre 2 plaquettes n’est pas utile !

Pilule contraceptive : la pause entre 2 plaquettes n’est pas utile !

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Peut-on enchaîner sans risque deux plaquettes de pilule ? Absolument!

Selon les dernières recommandations officielles de la Faculty of Sexual & Reproductive Healthcare of the Royal College of Obstetricians & Gynecologists, la société savante de gynécologie britannique

 2 écoles, 2 modes de prise

Parmi celles qui prennent la pilule contraceptive, il y a deux écoles : celles qui font une pause de sept jours entre deux plaquettes et celles qui enchaînent les plaquettes sans interruption pour ne pas avoir leurs règles.  Les secondes sont moins nombreuses, en raison d’un certain nombre d’idées reçues. Le Collège des gynécologues-obstétriciens britanniques a posé un avis scientifique sur cette pratique et a ainsi rappelé que cela ne présente aucun risque.

Il existe deux familles de pilules : celles contenant uniquement de la progestérone appelées « continues » et celles combinant des œstrogènes et de la progestérone, qui sont les plus utilisées. Pour ces dernières, la plaquette ne compte que 21 comprimés actifs, contre 28 pour les pilules progestatives. Les 7 derniers comprimés sont des placebos, et ne contiennent aucun principe actif.

Les études ont démontré que la pilule oestroprogestative est aussi sûre et fiable si elle est prise en continu que dans un cycle traditionnel 21 jours de prise, 7 jours d’arrêt.

Il n’y a aucun bénéfice pour la santé à stopper la prise de pilule contraceptive pendant sept jours. Les femmes peuvent arrêter la prise moins souvent – ou ne pas l’arrêter du tout – afin d’éviter des saignements mensuels, des crampes ou d’autres symptômes“, a déclaré la FSRH.

 

Alors quels avantages de la prise en continu ?

Les pilules combinées s’utilisent en théorie de la manière suivante : un comprimé chaque jour pendant 21 jours, puis un arrêt pendant 7 jours ou prise de placebos. C’est durant cette période que les règles vont survenir. Au 8e jour, il faut entamer une nouvelle plaquette.

Cependant il est aussi possible d’enchaîner les plaquettes de 21 pilules actives sans interruption. Dans ce cas, les règles ne sont pas déclenchées, ce qui peut être pratique dans certaines situations : pratique sportive, sexualité, examens gynécologiques. Cette prise continue peut également permettre ne pas oublier de commencer une nouvelle plaquette.

Pour les pilules progestatives, la question ne se pose pas puisqu’elles fonctionnent selon un mode continu. En dehors de l’absence de règles, la prise en continu permet d’atténuer les symptômes parfois associés, tels que les douleurs abdominales ou les changements d’humeur. Malgré cela, « certaines femmes souhaitent avoir leurs règles, peut-être parce que c’est un symbole de féminité », analyse le Pr Philippe Deruelle, gynécologue-obstétricien et membre du Collège national des gynécologues-obstétriciens français. « Mais médicalement, cela ne présente pas d’intérêt. Prendre la pilule en continu est à recommander. »

 

C’est surtout une question d’idées reçues

Malgré tout, la prise d’hormones sans interruption et l’absence de règles fait peur. Dans leur avis, les gynécologues britanniques mettent à mal certaines idées reçues. « Une femme qui prend une pilule combinée n’a pas besoin d’avoir ses règles pour être en bonne santé », soulignent-ils.

Quant à la question de la fertilité, les érudits rappellent que les études ont montré que la prise sans arrêt de la pilule ne l’affecte en rien. « C’est connu depuis très longtemps qu’il n’y a pas de risques liés à la prise de la pilule en continu, indique le Pr Deruelle. Il faut donner une information complète aux femmes, en leur disant qu’elles peuvent choisir. Beaucoup de gynécologues et sages-femmes le font déjà. ». Le seul véritable inconvénient à cette nouvelle habitude est que « sur le long terme, un peu moins d’un quart des femmes ont un risque augmenté d’avoir des petits saignements inattendus, que l’on appelle ’’spotting’’», explique le gynécologue. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’«il y a un problème médical et ce phénomène tend généralement à s’améliorer avec le temps», complète le Collège des gynécologues-obstétriciens britanniques.

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