Piqûre de rappel : pas d’écrans avant 3 ans !

Piqûre de rappel : pas d’écrans avant 3 ans !

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L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a publié ce mardi 11 septembre les résultats inquiétants d’une étude menée sur des jeunes enfants. Selon leurs observations, près d’un enfant sur deux commencerait à regarder la télévision avant l’âge de 18 mois. Une situation alarmante, bien loin des recommandations émises par les spécialistes de la petite enfance.

Des disparités en fonction des foyers

Les résultats publiés par l’Inserm sont issus d’un suivi effectué auprès de plus de 18 000 enfants nés en 2011 en France. Les chercheurs ont pu observer, au cours de cette étude, que des facteurs favorisants d’ordre sociologique entraient en ligne de compte. Les enfants de moins de 18 mois regardaient la télévision tous les jours dans la moitié des foyers dotés d’un niveau de formation Bac +2 ou plus. Au sein des foyers au niveau de formation inférieur au Bac, 4 enfants sur 5 y étaient exposés quotidiennement. Sur l’ensemble des enfants suivis, entre 20 et 30 % étaient aussi en contact avec une tablette chaque semaine.

Les dangers des écrans chez les plus petits

Cette étude récente montre que la question de l’exposition des plus jeunes aux écrans quels qu’ils soient est toujours d’actualité. En 2017, une tribune publiée dans le journal Le Monde et signée par un collectif de professionnels de la santé et de la petite enfance visait déjà à sensibiliser la population aux graves effets d’une exposition massive et précoce des bébés et des jeunes enfants à tout type d’écrans (télévision, ordinateur, tablette, smartphone).

Le docteur Anne-Lise Ducanda mettait notamment en garde sur le lien entre les troubles du spectre autistique (TSA) et l’exposition aux outils numériques. Chez les jeunes enfants, cette mauvaise habitude aurait un impact à long terme sur les relations sociales, la communication, les comportements et les centres d’intérêt.

Michel Desmurget, chercheur en neurosciences, précise que le fait de rester passif devant un écran retarde les étapes clés du développement de l’enfant : posture, marche, motricité fine des doigts. La maîtrise de la parole et du langage est plus tardive et ce risque augmente de 49 % à chaque demi-heure passée devant un écran. Le temps de sommeil, les activités d’exploration et les capacités d’attention sont réduits. La sédentarité implique un risque de développer plus rapidement un surpoids et donc de réduire l’espérance de vie. Dans 7 à 10 % des cas, les enfants développent même des comportements proches de l’addiction. Michel Desmurget alerte également les parents sur les écrans dits interactifs qui ne sont pas bons pour le développement des enfants de moins de 3 ans, contrairement à ce que l’on cherche à leur faire croire.

Les recommandations des experts

En 2008, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) avait interdit les programmes télévisés dédiés au moins de 3 ans suite à la tentative d’implantation de chaînes anglo-saxonnes spécialisées dans le domaine. Depuis, il continue à diffuser régulièrement des messages de prévention afin de rappeler les bons gestes aux parents. Mais les développeurs de programmes et d’applications destinés à la jeunesse ne prennent évidemment pas en compte ces recommandations, comme la plateforme YouTube qui donne un accès gratuit à des dessins animés 24 heures/24.

Or, les spécialistes de la petite enfance sont formels : entre 0 et 3 ans, un enfant a besoin d’interagir directement avec le monde dans lequel il évolue et avec les personnes qui l’entourent. Il ne doit en aucun cas rester passif et c’est aux parents de montrer l’exemple en faisant eux-mêmes l’effort de se déconnecter de leurs écrans en présence de leur enfant.

Même si ce n’est pas toujours facile, il est vivement recommandé de prendre le temps de partager des moments et des activités avec les plus petits et, lorsqu’ils sont plus âgés, de les faire participer à la vie du foyer (en cuisine ou au jardin par exemple) et d’encourager les jeux de construction et de société. Enfin, gardez en tête qu’un livre remplace avantageusement un dessin animé. Les librairies et les bibliothèques regorgent de multiples possibilités adaptées à tous les âges !

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