Plaies chroniques : l’espoir de la bio-impression

Plaies chroniques : l’espoir de la bio-impression

1402
0
<<<
>>>
Crédits photo : Wake Forest Institute for Regenerative Medicine

Des scientifiques américains viennent de publier dans la revue Nature les résultats de travaux qui pourraient révolutionner la prise en charge des plaies chroniques. Ils ont réussi à mettre au point le premier système mobile de bio-impression, capable d’imprimer de la peau directement sur les plaies. Cette prouesse technologique et médicale représente un espoir pour les personnes souffrant de plaies chroniques. Le dispositif, encore expérimental, a fait ses preuves sur les animaux.

Scanner la plaie pour recréer de la peau

Les chercheurs du Wake Forest Institute for Regenerative Medicine, installé en Caroline du Nord (États-Unis), ont combiné un système d’imagerie médicale et une bio-imprimante 3D dans le but d’imprimer des cellules cutanées sur les plaies. La première étape a consisté à réaliser une biopsie de tissu sain sur des souris et des porcs afin de prélever des fibroblastes et des kératinocytes (cellules qui assurent la régénération de la peau après une blessure). Ces cellules ont ensuite été isolées et mélangées à un hydrogel avant d’être placées dans la bio-imprimante 3D. Le système d’imagerie médicale a réalisé un scan de la plaie et transféré les données à un logiciel qui a définit la quantité de cellules à imprimer et la cible précise. La bio-imprimante a finalement pris le relais en déposant les cellules directement sur la plaie. Cette technique a permis de favoriser la cicatrisation et, à terme, la formation de tissu sain.

Cicatrisation express

Alors que les plaies chroniques nécessitent en général plus d’un mois de soins pour cicatriser, les chercheurs américains ont pu observer lors de leurs travaux que le système de bio-impression est capable d’assurer « une fermeture rapide de la plaie » en moins de deux semaines. L’utilisation de cellules appartenant à l’animal blessé permet en outre de réduire considérablement les risques de rejet. Sean Murphy, principal auteur de la publication, ajoute : « l’aspect unique de cette technologie est la mobilité du système et sa capacité à gérer sur place les plaies étendues ».

Une alternative aux greffes de peau ?

La prochaine étape pour l’équipe de scientifiques est de lancer les essais cliniques sur l’Homme afin de confirmer l’efficacité de leur système. Pour le moment, seules les greffes de peau permettent de soigner les blessures chroniques, notamment les brûlures. Selon Anthony Atala, fondateur du Wake Forest Institute, « cette technologie pourrait éliminer le besoin de greffes cutanées douloureuses ». En France, les plaies chroniques concerneraient près de deux millions de personnes. Il s’agit, dans la plupart des cas, d’ulcères au niveau des jambes (liés à une mauvaise circulation sanguine), de plaies du pied chez les personnes souffrant de diabète, ou d’escarres.

Laissez votre commentaire