Pourquoi faudrait-il diminuer sa consommation de viande ?

Pourquoi faudrait-il diminuer sa consommation de viande ?

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En France la viande est ancrée dans les traditions :  chaque région a une recette attitrée. La viande fait partie de notre culture. Difficile encore aujourd’hui d’imaginer organiser un dîner sans viande. Pourtant bien que les chiffres soient encore timides il y aurait environ 5 % de végétariens en France, et le phénomène n’est pas près de s’arrêter puisque chez les 16-25 ans, un jeune sur deux se dit prêt à réduire sa consommation de viande. Le fait de ne pas manger de viande ni de poisson n’a plus rien d’étrange ni de compliqué, tant les produits veggies ont envahis notre quotidien, aussi bien dans les supermarchés qu’au restaurant. Les raisons qui poussent ce changement alimentaire ne manquent pas : respect des animaux, de la planète ou encore pour sa santé. Zoom sur les raisons de diminuer sa consommation de viande.

 

Pour respecter l’environnement

D’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à lui tout seul, l’élevage serait responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre. Une menace plus importante que toutes les voitures, tous les camions, tous les trains et tous les avions du monde réunis !

La production de viande est une des activités les plus énergivores pour la planète. Pour obtenir un kilo de bœuf, il faudra consommer 13.000 litres d’eau, soit dix fois plus que pour un kilo de blé. Les bovins sont également de gros consommateurs de céréales, puisqu’il en faudra presque 20 kilos pour produire ce même kilo de bœuf. Si l’on multiplie ces chiffres par le poids d’une bête adulte (minimum 500 kg), on arrive à des consommations ahurissantes.

Afin de tenir la cadence, les éleveurs ont besoin de toujours plus de graines. Comme les terres viennent à manquer, les agriculteurs n’hésitent pas à remplacer les forêts primaires pour planter du soja. C’est le cas au Brésil notamment, où l’Amazonie recule à un rythme terrifiant. Une récente étude de la FAO montre que 70 % des terres agricoles sont consacrées à la nourriture du bétail. De quoi faire passer la production d’huile de palme pour un épiphénomène. Plus grave encore, en détruisant la forêt primaire, on détruit l’un des plus importants stocks de C02 de la planète, et l’on augmente irrémédiablement nos émissions de gaz à effet de serre. C’est alors que les bovins, qui polluent déjà directement via leur rejet de méthane, deviennent indirectement responsables d’émissions à plus grande échelle.

Mais la pollution ne s’arrête pas uniquement aux gaz à effet de serre. L’élevage est en effet extrêmement nocif pour les sols, à cause de la forte concentration de nitrate que l’on retrouve dans les déjections animales (urine et selles). Les nitrates se retrouvent ensuite dans les nappes phréatiques, puis dans les rivières et les océans. Il en résulte une prolifération d’algues vertes, aussi désagréables que dangereuses. Les gaz émis par la fermentation de ces algues ont d’ailleurs été mis en cause dans quelques accidents tragiques sur les plages de Bretagne, où les élevages de porcs pullulent.

Surproduction, déforestation, pollution : lorsqu’on met en perspective les effets secondaires de l’industrie de la viande, on est en mesure de s’interroger sur la rationalité de notre consommation. Sans même mentionner les problématiques de souffrance animale liées à l’élevage ou l’abattage, on comprend bien que la production n’a rien d’écologique.

 

Pour être en meilleure santé

Cancer. D’après une étude du Centre international de recherche sur le cancer, une institution reliée à l’Organisation mondiale de la santé ( OMS-CIRC) , « la charcuterie et la viande de bœuf, de veau, de porc, d’agneau, de mouton, de cheval et de chèvre » favoriseraient le développement du cancer colorectal lors d’une consommation en excès.  Le Conseil Supérieur de Santé conseille de ne pas consommer au-delà de 500 grammes de viande rouge par semaine. En adoptant ces recommandations, cela diminuerait le nombre de cancers du côlon de 10 à 20%. Les connaissances les plus abouties concernent les liens entre viande et cancer. En effet, en 2015, l’OMS-CIRC a classé la viande rouge et la viande transformée (saucisse, charcuterie, etc.) comme probablement cancérogènes et cancérigènes pour l’homme. La même année, une étude de l’Anderson Cancer Center (Houston, États-Unis) a lié la viande cuite au cancer du rein.

Maladies cardio-vasculaires.  Contrairement à l’idée répandue qui met en cause les graisses saturées, en particulier dans les viandes grasses, le problème résiderait dans la modification de certains acides aminés sous l’action du microbiote intestinal, soit tous les virus, bactéries et champignons qui peuplent notre tube digestif. Ces derniers transforment la carnitine (molécule présente dans la viande rouge) en triméthylamine N-oxyde (TMAO), une molécule pouvant modifier le métabolisme du cholestérol, ralentir son élimination et ainsi favoriser son accumulation sur les parois artérielles. À noter que le risque accru de maladies cardiovasculaires et de diabète est associé plus généralement à un régime alimentaire déséquilibré, pauvre en végétaux.

Une étude menée en 2012 par des chercheurs de la Harvard Medical School (États-Unis) sur plus de 120.000 personnes précise que les « gros mangeurs » de viande ont 18% de risque en plus que les autres de contracter une maladie du cœur, 16 % de risque supplémentaire de développer un cancer et 13% de mourir précocement.

 Faut-il pour autant s’arrêter de manger de la viande ?

Il ne s’agit pas de supprimer tous les produits de vos assiettes, simplement de bien les consommer. Un apport en protéines est essentiel pour rester en forme. Vous pouvez alterner vos apports en viande avec des produits végétaux riches en protéines comme les céréales, les légumineuses ou les fruits oléagineux ou d’autres produits animaux comme les produits laitiers, les œufs ou le poisson. Car comme tout changement, il doit être progressif. Alors vous pouvez en consommer, mais moins et mieux. Dans son rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat explique que chacun limitait sa consommation de viande à 10 grammes par jour et notre consommation d’œufs à 80 g par jour, cela suffirait à réduire de 8% environ les émissions de gaz à effet de serre.

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