Psychiatrie : l’hôpital accusé de « traitements inhumains »

Psychiatrie : l’hôpital accusé de « traitements inhumains »

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Le centre hospitalier universitaire de Saint-Étienne est visé par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) pour ses pratiques indignes et inhumaines sur des patients de psychiatrie.

Des patients attachés pendant plusieurs jours

S’agissant des malades présents aux urgences du CHU pour manque de place ou ceux hospitalisés au pôle de psychiatrie, le constat est alarmant selon Adeline Hazan, la contrôleuse générale de cette autorité indépendante.

Son rapport sur les conditions d’hospitalisation des malades en psychiatrie en réponse à la visite de contrôle de l’hôpital entre le 8 et le 15 janvier est tout simplement accablant et en contradiction absolue avec la réglementation en vigueur.

Elle indique qu’au cours de sa visite des « patients se trouvaient dans les couloirs depuis des durées allant de quinze heures à sept jours » sans avoir eu la possibilité de se laver, de changer de vêtements ou d’accéder à leur téléphone.

Les urgences accueillaient (ou plutôt stockaient) à la mi-janvier 20 patients de psychiatrie, dont 13 attendaient dans les couloirs sur un brancard et 7 autres qui se trouvaient ainsi aux urgences du CHU depuis trois ou sept jours. Ces personnes « faisaient l’objet de contention au niveau des pieds et d’une ou des deux mains » y compris celles qui s’étaient présentées d’elles-même pour une hospitalisation.

Dans le service de psychiatrie, la situation n’est pas plus glorieuse. Des patients sont maintenus en isolement sans présenter de comportement agité particulier. Le manque de personnel, qui n’est pas criant à l’hôpital de Saint-Étienne est pointé du doigt et serait à l’origine d’une pratique abusive d’isolement et de contention.

Un rapport qui alerte le gouvernement

Adeline Hazan tire la sonnette d’alarme sur ces pratiques inhumaines, dégradantes et illégales et a transmis ses recommandations à la ministre des Solidarités et de la Santé qui détient un délai de 3 semaines pour fournir ses observations.

Pour la Haute Autorité de la Santé, depuis 2017, un patient dangereux pour lui même ou pour les autres ne peut pas être soumis à la contention plus de 6 heures d’affilée et ne peut être enfermé plus de douze heures.

Le CHU de Saint-Étienne n’a pas contesté ces accusations.

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