Quand la chair de poule fait pousser les poils

Quand la chair de poule fait pousser les poils

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Ce dimanche 9 décembre, une réunion réunissant l’American Society for Cell Biology (ASCB) et l’European Molecular Biology Organization (EMBO) s’est tenue à San Diego (Californie, Etats-Unis). Ya-Chieh Hsu, chercheuse spécialisée dans le domaine des cellules souches à l’université d’Harvard, en a profité pour présenter les résultats inédits d’une étude menée avec des collègues. D’après leurs observations, avoir la chair de poule favoriserait la croissance des poils.

D’où vient la chair de poule ?

L’expression « avoir la chair de poule » était à l’origine employée dans le domaine médical pour désigner un phénomène dermatologique se caractérisant par le hérissement des poils sur la peau en réaction au froid, à la peur ou à une forte émotion. Aujourd’hui, elle est passée dans le langage courant mais l’on ne connaît pas forcément son origine. Ce mécanisme résulte de l’action conjointe de nerfs et de muscles : les nerfs du système nerveux sympathique et les muscles dits « arrecteurs » ou « horripilateurs », situés à la base du poil. Sous l’effet de températures basses ou d’une émotion vive, ces muscles se contractent, redressent les poils et font apparaître de toutes petites bosses sur la peau : c’est la chair de poule.

Quel effet sur la pousse des poils ?

Ya-Chieh Hsu s’est appuyée sur une observation simple au sujet de certains animaux : lorsque les saisons froides arrivent, leur pelage ou fourrure s’épaissit pour mieux les protéger. Partant de ce constat, elle a voulu démontrer l’hypothèse selon laquelle un ensemble de nerfs, de muscles et d’hormones impliqué dans la chair de poule serait aussi capable de fabriquer des follicules pileux et de les stimuler afin d’activer la croissance des poils.

Les nerfs du système nerveux sympathique se situent près des cellules souches des follicules pileux. Ils sécrètent naturellement de la norépinéphrine, aussi appelée noradrénaline. Ce composé organique joue le rôle d’hormone adrénergique et de neurotransmetteur mais il est aussi essentiel à la croissance des poils et des cheveux. Sous la peau, les nerfs sont enroulés autour des muscles arrecteurs. Lorsque ceux-ci se contractent et provoquent la chair de poule, ils facilitent également le passage de la norépinéphrine dans le follicule pileux et stimulent ainsi le processus de croissance du poil.

Une piste de réflexion

Cette récente découverte pourrait expliquer en partie le fait que certains médicaments comme les bêta-bloquants, qui bloquent l’action de la norépinéphrine, ont pour effet secondaire de faire chuter les cheveux et/ou les poils. L’hypothèse de départ a été vérifiée sur des souris mais aussi sur des hommes atteints de calvitie. Les souris ayant subi des mutations et grandi sans les muscles et nerfs impliqués dans le mécanisme de la chair de poule n’ont pas eu une pousse de poils normale. Sur l’homme, l’absence de muscles arrecteurs au niveau du cuir chevelu serait l’une des causes de la calvitie. Selon Ya-Chieh Hsu, reconstruire les nerfs et les muscles arrecteurs pourrait être une piste pour relancer la croissance des poils et des cheveux chez les individus atteints de certaines maladies.

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