Qu’est-ce que la parentalité positive ?

Qu’est-ce que la parentalité positive ?

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Depuis les années 2000, une nouvelle posture éducative se développe, au point de s’affirmer aujourd’hui comme un nouvel idéal, propre à relever les défis du 21e siècle. Plébiscitée tant par les parents que par les professionnels et les institutions, ses appellations varient : la parentalité positive, également appelée éducation bienveillante, discipline positive ou encore éducation non violente, est une approche alternative initiée par la psychologue Isabelle Filliozat qui se fonde sur le respect de l’enfantElle exclut toute forme de violence éducative, et propose à la place des outils basés sur l’écoute, le dialogue, l’accompagnement, le respect mutuel. À ce titre, elle regroupe un ensemble de pratiques et de valeurs d’éducation centrées sur le bien-être de chacun. Pharma GDD vous propose de découvrir les 5 concepts clés de cette nouvelle forme d’éducation.

On considère l’enfant comme un être bon

L’approche de la parentalité positive commence lorsque l’on considère l’enfant comme un être naturellement bon avec des comportements inappropriés. Par exemple, si un enfant se met en colère parce qu’il n’a pas eu quelque chose, il ne faut pas considérer cela comme de la provocation ou encore de la manipulation, il n’est pas méchant ! Ce serait simplement parce qu’il n’est pas encore en mesure de gérer ses émotions. Ces comportements sont liés à son stade de développement, à son immaturité cérébrale. Le rôle de l’adulte sera de l’aider, de l’accompagner dans ses apprentissages.

On évite la négation

Dans certaines situations, lorsqu’on ne comprend pas pourquoi son enfant réagit comme il le fait, on a tendance à perdre patience et à dire spontanément « non ». Or, selon Isabelle Filiozat, cette attitude parentale déclencherait le circuit du stress dans le cerveau de l’enfant : attaque, fuite ou immobilisation. Instaurer une relation de pouvoir mène souvent à un dialogue de sourd et l’enfant comme l’adulte est frustré. Dire « non » est contre-productif, le cerveau de l’enfant ne traitant pas encore correctement la négation. En prononçant ce mot, l’enfant se met en état de stress, et cherche à s’approprier la consigne, il fait donc ce que le parent vient d’interdire ou ce vers quoi son attention a été dirigé. Il le fait avec le sourire, parce qu’il cherche à nous plaire. Le parent ignorant cela peut avoir l’impression que l’enfant « teste » les limites. Pourtant, il ne recherche ni la provocation, ni le conflit, ce comportement est là encore le fruit de son immaturité cérébrale.

On ne fait pas preuve d’autoritarisme

Les enfants aujourd’hui sont souvent plus agités, moins concentrés.  Certains parents en concluent qu’il faudrait revenir à plus d’autorité.  Dans la plupart des cas, cela ne fonctionne pas. En réalité, ces nouveaux comportements des enfants sont liés à l’environnement. Le stress de la vie quotidienne, le manque de mouvements et de jeux en extérieur, l’alimentation, les écrans, sont autant de facteurs qui peuvent rendre nerveux, voire hyperactifs. La psychothérapeute souligne que l’autoritarisme sévère et austère n’est pas une solution, surtout quand l’enfant n’a pas le contrôle de son comportement. L’approche positive, ne cherche pas à soumettre l’enfant à la volonté de l’adulte mais l’invite à coopérer de manière volontaire. En étant à son écoute, pour prendre en compte son point de vue tout en prenant le temps d’expliquer le sien, en faisant preuve de flexibilité lorsque cela est possible, en lui laissant des choix, on lui permet de réfléchir, de développer son esprit critique, d’apprendre à argumenter, à mieux se connaître, et finalement à construire sa personnalité.  Pour illustrer cela, voici un extrait du livre La discipline positive de Jane Nelsen qui reprend  les deux différentes approches:

L’approche autoritaire : « Voilà les règles que tu dois suivre, et voilà la punition que tu recevras si tu ne les respectes pas ». Les enfants ne sont absolument pas impliqués dans le processus de prise de décision.

L’approche « discipline positive » : « Nous allons décider ensemble des règles qui seront bénéfiques pour tous. Nous allons aussi nous mettre d’accord sur des solutions qui aideront chacun lorsque nous rencontrerons un problème. Si j’ai besoin de décider sans pouvoir t’impliquer, je le ferai avec bienveillance et fermeté, dignité et respect ».

On sait s’écouter et écouter son enfant

Un enfant demande de l’énergie et de la zen attitude. Prendre soin de soi est essentiel quand on est un parent positif, car cela permet une meilleure disposition d’écoute.  De nombreuses difficultés sont liées à une question de communication. Une situation conflictuelle peut avoir une fin heureuse rapidement si on utilise le bon canal et des formulations que l’enfant peut comprendre. Les enfants écoutent lorsqu’ils sont écoutés. Les parents bienveillants défendent le besoin de développer leurs propres compétences émotionnelles pour pouvoir apprendre à accueillir les émotions de leur enfant et à lui fournir des ressources et des idées pour calmer ses réactions excessives.

On trouve des outils pour mettre en pratique la bienveillance

Lorsque le parent et l’enfant sont plus calmes et à l’écoute l’un de l’autre, les liens sont plus forts, Isabelle Filliozat rappelle 4 principes simples à appliquer chaque jour :

  • Utiliser des formulations positives : le cerveau des enfants, notamment avant 3 ans, ne sont pas encore équipés pour comprendre la négation. « Lève-toi au lieu de te rouler par terre. » 😉
  • Eviter le non catégorique : lequel déclenche l’opposition de l’enfant. Nous pouvons dire « oui et… », poser des questions à l’enfant ou réorienter ses objectifs.
  • Créer des routines elles donnent des repères à l’enfant. Les petits adorent les routines et les suivent volontiers. On peut alors demander «et après le pyjama, qu’est-ce qu’on fait ?» Plutôt que d’ordonner à l’enfant d’aller se laver les dents.
  • Manifester beaucoup d’affection à l’enfant : l’amour n’est pas une récompense mais une nécessité pour l’enfant, il ne se négocie pas.

Le secret ? Beaucoup d’optimisme et du recul

Finalement, la « parentalité positive » porte bien son nom, puisqu’il s’agit d’essayer de se centrer sur le côté positif des choses, pour soi et pour son enfant. Il s’agit d’être dans l’écoute, le conseil et l’empathie afin que l’enfant développe à son tour ces attitudes. Cependant, une polémique entoure ce modèle éducatif, car l’usage des neurosciences pour justifier l’éducation bienveillante, n’est pas toujours fiable. En 2015, Elena Pasquinelli chercheuse en sciences cognitives a alerté sur les dérives de la vulgarisation sauvage des études en neurosciences à des fins militantes comme c’est le cas pour le mode d’éducation que prône Isabelle Filliozat, avec une sous-estimation de la fragilité de certaines preuves, l’extrapolation abusive des données de l’imagerie cérébrale, la mise en avant de la complexité des interactions sociales. Ces appels à la prudence restent pourtant peu audibles tant les neurosciences font aujourd’hui office de légitimation suprême pour l’éducation bienveillante.

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