“Réparer les vivants” : un film qui touche au cœur

“Réparer les vivants” : un film qui touche au cœur

159
0
<<<
>>>

Le don d’organes : un sujet encore tabou de nos jours. Selon une étude de l’Agence de Biomédecine, 85 % des Français y sont favorables. Pourtant : environ une famille sur trois a refusé le don d’organes en 2015.  En cause : une croyance, une peur mais, bien souvent aussi, une volonté mal exprimée par le défunt de son vivant ou un déni des familles concernant la mort de leur proche.

Le film « Réparer les vivants », adapté du roman de Maylis de Kerangal, met le don d’organes sur le devant de la scène. Adapté au cinéma par la réalisatrice Katell Quillévéré et sorti mardi 1er novembre, il suit le parcours du cœur d’un mineur, Simon, victime d’un accident de la route, qui pourrait sauver la vie de Claire.

La mutilation du corps, argument qui pèse lourd dans le choix des famille de défunts, est abordée à l’écran. Le corps est traité avec respect et restitué à la famille : même si les organes ne sont plus là, il semble intact.

Le film met aussi en évidence la difficulté d’acceptation du don par les greffés. Au travers du personnage de Claire qui reçoit le cœur de Simon, on découvre ainsi la situation paradoxale des patients en attente d’une greffe. « Je ne sais pas si j’ai envie de vivre avec le cœur d’un mort », confie Claire dans le film.

L’adaptation cinématographique, comme le livre, porte ainsi à l’écran l’importance du don. Elle encourage chacun à se projeter sur sa propre position, et met en avant la nécessité de communiquer sa décision à son entourage. Selon l’étude de l’Agence de Biomédecine, 85 % des sondés jugeraient traumatisant de prendre une décision à la place d’un proche décédé. Dans le film, c’est aux parents de Simon de prendre cette décision difficile. Simon, adolescent, ne leur ayant laissé aucune instruction.

Un constat qui devrait pousser chacun à s’exprimer sur le sujet de son vivant. Actuellement, la carte de donneur permet à tous d’exprimer sa volonté de faire don de ses organes à sa mort. À partir de 2017, de nouvelles méthodes entreront en vigueur pour les personnes souhaitant, au contraire, ne pas devenir donneur.

Laissez votre commentaire