Santé buccodentaire : le retour des prothèses en métal ?

Santé buccodentaire : le retour des prothèses en métal ?

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dents-metalLa réforme des soins dentaires signerait-elle un retour en arrière pour notre sourire ? C’est en tout cas ce que laisse présager le nouveau projet de convention tarifaire proposé par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) aux dentistes à la demande de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Dans l’objectif de réduire les coûts des soins, la Cnam préconise en effet le grand retour des prothèses en métal, comme celles utilisées dans les années 1970 !

Un reste à charge zéro d’ici 2022

Le président de la République, Emmanuel Macron, l’avait promis lors de sa campagne : il favoriserait durant son mandat l’accès aux soins en améliorant le remboursement des prothèses dentaires, auditives et oculaires, avec l’objectif « reste à charge zéro » d’ici 2022.

Pour atteindre ce but final, la ministre de la santé Agnès Buzyn a annoncé, dès ce début d’année, vouloir réformer les tarifs des actes dentaires, afin de réduire les dépenses pour la Cnam et pour les patients.

Nicolas Revel, directeur de la Cnam, a donc déjà imaginé son plan, dévoilé dans Le Parisien ce mardi 20 février. Parmi les pistes évoquées, il propose notamment un remboursement variable en fonction de la place de la dent à remplacer mais aussi du matériau utilisé pour la prothèse.

En clair, la Cnam demande à ce que la qualité esthétique des soins soit adaptée à la localisation de la dent concernée. Pour les dents visibles (incisives et canines), le dentiste posera des prothèses en céramique, alors que pour les dents arrières (molaires), les prothèses seront en métal, comme dans les années 1970. L’objectif ? Réduire les coûts des interventions et donc les prix des remboursements.

Pas sûr que la mesure rassure l’ensemble des Français. Le rapport d’une étude publiée par le think tank Agir pour la Santé Dentaire, ce 21 février, montre la crainte des Français de voir baisser la qualité de leurs soins à l’approche du « reste à charge zéro ». Bien que la mesure soit largement attendue dans l’hexagone, encore 47 % d’entre eux seraient prêt à payer plus cher pour pouvoir choisir leurs soins et 53 % pensent que le reste à charge zéro pourrait conduire à une baisse de la qualité.

Une baisse des prix des soins dentaires

Autre préconisation de la Cnam : exiger une baisse des prix pratiqués par les dentistes en instaurant la mise en place de trois « paniers » de soins.

Le premier « panier » concerne les soins prothétiques basiques pour lesquels le patient n’aurait rien à débourser. Les chirurgiens-dentistes sont invités à baisser leurs tarifs afin d’économiser 388 millions d’euros pour ces soins.

Pour le second panier, les dentistes devront réduire leurs prix pour un montant global de 174 M€ afin d’aboutir à un « reste à charge modéré » pour le patient.

Pour les actes du troisième panier, plutôt haut de gamme et non-remboursés, les dentistes pourraient continuer à fixer leurs prix librement.

Au total, la Cnam demande donc un effort budgétaire de 562 M€ aux dentistes qui devrait être compensé par la revalorisation du tarif de prise en charge des soins de base, à hauteur de 627 M€.

Néanmoins, la mesure est loin de faire l’unanimité auprès des praticiens. Les négociations devraient se poursuivre mi-mars lors d’une prochaine réunion entre syndicats et Cnam.

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