Semaine du cœur : sensibiliser et informer

Semaine du cœur : sensibiliser et informer

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La Fédération française de cardiologique organise, du 22 au 30 septembre, la Semaine du cœur. Diverses manifestations et rencontres avec des médecins sont mises en place afin de sensibiliser et d’informer le grand public sur les pathologies cardiaques. L’occasion de faire le point sur l’insuffisance cardiaque, beaucoup moins connue que l’infarctus.

Une mobilisation nationale

Plusieurs grandes villes de France se sont mobilisées cette semaine et ont établi un programme visant à apporter un maximum d’informations au public. A Dijon, Blois, Lyon, Nantes, Paris, Rennes ou encore Toulouse, il est possible de se rendre à des journées portes ouvertes, de suivre des conférences présentant les derniers progrès de la recherche et de bénéficier de sessions de dépistage. Sur tout le territoire, des événements de prévention sont prévus avec la collaboration des associations régionales et des clubs Cœur et Santé. Le programme complet de la Semaine du cœur est disponible sur le site de la Fédération française de cardiologie.

Qu’est-ce que l’insuffisance cardiaque ?

Si le grand public est régulièrement sensibilisé et informé sur la façon de reconnaître un infarctus, il l’est beaucoup moins en ce qui concerne l’insuffisance cardiaque. Cette pathologie est en effet bien moins « médiatisée » bien qu’elle soit à l’origine de près de 60 000 décès chaque année, soit un décès toutes les sept minutes. L’insuffisance cardiaque se manifeste lorsque le cœur s’est rigidifié ou dilaté et qu’il ne parvient plus à assurer correctement le débit sanguin indispensable aux besoins de l’organisme. Généralement, un seul ventricule est atteint mais il arrive que le cœur entier soit touché. Le sang met plus de temps à passer dans les artères et stagne dans les veines.

Invité de l’émission « Le magazine de la santé » sur France 5 début septembre, le professeur Thibaud Damy, cardiologue à l’hôpital Henri-Mondor à Créteil (AP-HP), explique que les principaux signaux d’alarme de l’insuffisance cardiaque peuvent être regroupés sous le sigle EPOF : essoufflement, prise de poids, œdèmes et fatigue. Il précise également qu’il est absolument nécessaire d’informer et de sensibiliser les personnes à risque pour améliorer le diagnostic et les chances de survie.

Des symptômes méconnus

Une étude menée auprès de 5 000 français a révélé que sept personnes sur dix ont déjà vaguement entendu parler de l’insuffisance cardiaque mais qu’elles ont des connaissances réduites par rapport aux symptômes. 45 % des personnes interrogées associent l’essoufflement à un problème cardiaque et seulement 6 % font le lien avec les œdèmes et la prise de poids.

Une prise en charge tardive

Une autre étude menée par la Fédération française de cardiologie s’est intéressée au cas de 1 000 patients hospitalisés pour une insuffisance cardiaque. Pour 40 % d’entre eux, les symptômes étaient présents depuis plus de deux mois mais n’ont pas fait l’objet d’un diagnostic. 43 % de ces patients sont arrivés en urgence à l’hôpital et 22 % ont été admis directement en service de réanimation après une intervention des pompiers ou du Samu.
Cette prise en charge tardive s’explique, selon le professeur Damy, par les difficultés qu’ont les patients à exprimer les symptômes auxquels ils sont confrontés. Certains ne pensent tout simplement pas qu’ils peuvent être dus à leur cœur et n’en parlent pas à leurs médecins qui, lorsqu’on leur parle d’essoufflement ou de problèmes de respiration, orientent en premier vers un pneumologue.

Des solutions pour sauver des vies

Il y a donc encore beaucoup de progrès à faire dans la prise en charge et le diagnostic de l’insuffisance cardiaque qui doivent se faire le plus tôt possible pour que les dégâts ne deviennent pas irréversibles. Une simple prise de sang avec dosage des marqueurs cardiaques complétée éventuellement par un électrocardiogramme et une échocardiographie permettent d’y voir rapidement plus clair. Si le diagnostic est avéré, des médicaments et des moyens thérapeutiques existent pour traiter et améliorer la fonction cardiaque et, à terme, sauver des vies.

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