Sera-t-il bientôt possible de boire l’eau de mer ?

Sera-t-il bientôt possible de boire l’eau de mer ?

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dessaler-eau-merDans certaines régions du monde, trouver de l’eau potable est impossible. On estime que plus d’un milliard de personnes à travers le globe ne peut y accéder. Pourtant, la surface de la Terre est recouverte à plus de 70 % d’eau. Le problème étant que la grande majorité de cette eau est contenue dans des océans d’eau salée (97% !). Impossible donc de la boire !

Pour pallier ce problème, des scientifiques du monde entier tentent depuis des années de trouver LA solution permettant de dessaler facilement l’eau de mer. Des enseignants-chercheurs du laboratoire Interdisciplinaire Carnot de Bourgogne, Adrien Nicolaï et Patrick Senet, pourraient bien l’avoir trouvée, comme le rapporte un communiqué publié ce jeudi 29 mars.

Dessaler l’eau de mer : mission impossible ?

Le processus pour dessaler l’eau de mer est à la fois gourmand en énergie et coûteux, les interactions unissant l’eau et le sel étant extrêmement compliquées à briser. Pour réussir à extraire le sel de l’eau de mer plus facilement, Adrien Nicolaï et Patrick Senet ont travaillé avec des matériaux à deux dimensions, une catégorie de nanomatériaux d’épaisseur d’un ou trois atomes. « Ces fines couches sont exposées à un faisceau ionique capable de percer des trous de la taille d’un atome, faisant de ces matériaux poraux, des tamis nanoscopiques » explique le communiqué. Pour faire simple, les scientifiques sont parvenus à mettre au point numériquement une sorte de passoire dont les trous sont si petits qu’ils retiennent le sel, mais laissent passer l’eau. Ils ont ainsi imaginé une méthode efficace et inédite pour dessaler l’eau de mer à petite échelle.

« En observant attentivement les images de microscopie électronique, nous avons pu modéliser en détail les différents trous dans les membranes filtrantes et simuler le passage des molécules d’eau et des ions. Ce sont des calculs gigantesques avec plus 200 000 atomes à simuler, qui prendraient plusieurs années s’ils devaient être exécutés sur un seul cœur de calcul », commente Adrien Nicolaï.

Si la méthode fonctionne à petite échelle, un défi d’envergure attend désormais les chercheurs : appliquer cette méthode sur un nanomatériau à deux dimensions plus grand, et donc plus difficile à fabriquer. L’équipe travaille actuellement sur le problème afin de répondre à la pénurie d’eau dans certaines régions du monde.

Et qui sait, à l’avenir, peut-être boirons-nous de l’eau de mer simplement en la filtrant avec une carafe ?

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