Sida, paludisme, tuberculose : le monde s’engage

Sida, paludisme, tuberculose : le monde s’engage

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Crédits photo : Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme

Le Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme organise jusqu’au 10 octobre sa sixième conférence de reconstitution. Les grands acteurs de la santé mondiale sont réunis à Lyon afin de présenter les enjeux entourant ces trois grandes pandémies. L’objectif de la conférence est également d’exposer les principales mesures envisagées pour éradiquer ces fléaux d’ici à 2030.

Où en est-on ?

Entre 2010 et 2018, la proportion de malades ayant contracté le VIH et bénéficiant des traitements antirétroviraux est passée de 22 à 62 %, en partie grâce au financement du Fonds mondial. Pour autant, il ne faut pas oublier que le virus sévit toujours. En 2018, il a ainsi été responsable de 1,7 million de nouvelles infections et de 770 000 décès dans le monde.

Le paludisme, transmis par le moustique du genre Anopheles, est à l’origine de plus de 400 000 décès par an à l’échelle mondiale, les deux tiers concernant des enfants âgés de moins de 5 ans. C’est en Afrique que la morbidité est la plus importante. Les moustiques développent de plus en plus une résistance aux insecticides et les médicaments ne suffisent pas toujours pour vaincre le virus chez les personnes atteintes.

Véritable menace pour la sécurité sanitaire, la tuberculose constitue l’une des dix premières causes de mortalité dans le monde. Les pays les plus touchés sont l’Inde, l’Indonésie, la Chine, les Philippines, le Pakistan, le Nigéria et l’Afrique du Sud.

Qu’est-ce que le Fonds mondial ?

Fondé au début des années 2000, le Fonds mondial est, comme son nom l’indique, une organisation internationale. Il résulte d’un partenariat réunissant les autorités publiques, des acteurs issus de la société civile et du secteur privé, et les personnes touchées par le Sida, la tuberculose et le paludisme. Chaque année, près de 4 milliards de dollars sont investis par le Fonds mondial afin de soutenir des actions menées par des experts locaux dans les pays et les communautés qui en ont le plus besoin. L’investissement porte sur la réalisation de campagnes de prévention, la recherche de traitements et l’amélioration de la prise en charge. Depuis sa création, le Fonds mondial a ainsi contribué à sauver près de 32 millions de vies.

Augmenter les fonds pour des actions concrètes

La conférence du Fonds mondial est organisée tous les trois ans et permet notamment d’établir des objectifs de financement. Pour la période 2020-2022, l’objectif s’élève à 14 milliards de dollars, soit 12,7 millions d’euros. Selon Peter Sands, directeur général du Fonds, les prochains jours seront décisifs : “si vous comparez la courbe en termes de nouvelles infections et de décès par rapport à celle que nous devrions avoir, nous devons accélérer le mouvement. […] À onze ans de l’échéance, il n’y a plus de temps à perdre”.

D’après les projections, les fonds récoltés devraient permettre de faire baisser le nombre de décès liés au Sida, à la tuberculose et au paludisme en passant de 2,5 millions en 2017 à 1,3 million en 2023. Le but est aussi d’éviter plus de 200 millions d’infections, ce qui reviendrait à réduire de 52 % le taux d’incidence lié aux trois maladies. Afin d’atteindre ces objectifs, il faudra passer par le renforcement des systèmes de santé, la mise à disposition d’outils de diagnostic et de surveillance ainsi que l’amélioration de la formation du personnel soignant.

Le Canada, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont d’ores et déjà annoncé qu’ils augmenteraient leur contribution au Fonds mondial. En France, le président Macron a fait part publiquement de son implication, mais les attentes sont grandes. Ainsi, selon Florence Thune, directrice générale de Sidaction, il est essentiel de “sortir la France de l’immobilisme financier dans lequel elle s’est installée vis-à-vis du Fonds mondial depuis 2010”.

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