Sommeil : un enjeu de santé publique

Sommeil : un enjeu de santé publique

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À l’occasion de la journée internationale du sommeil qui se tient ce vendredi 15 mars, l’Actu GDD revient sur la dernière publication du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Santé Publique France lance l’alerte : en France, nous dormons désormais moins de 7 h par nuit et le nombre de « petits dormeurs » ne cesse d’augmenter. Nous décryptons les raisons de ce recul et les différentes solutions permettant de mieux dormir.

Des chiffres qui inquiètent

Le constat est identique dans d’autres pays : Brésil, Japon, États-Unis, Chine, Australie… Le nombre de personnes en déficit de sommeil est en constante augmentation. En France, nous dormons en moyenne 6 h et 42 minutes par nuit, contre 7 h et 13 minutes en 2010. La proportion de personnes dormant moins de 6 h par nuit va croissant et concerne plus particulièrement les jeunes adultes (25 %) et les jeunes actifs (33 %). En semaine, 32,2 % des 18-75 ans sont en dette sévère de sommeil. Les femmes sont davantage concernées que les hommes et les siestes ou les grasses matinées du week-end ne suffisent pas à compenser le manque. Il y a tout de même un point positif dans les données récoltées par Santé Publique France : le taux d’insomniaques chroniques est descendu à 13,9 %, contre 16,1 % en 2010. Toutefois, « l’insuffisance de sommeil demeure un enjeu crucial de prévention des maladies chroniques » selon l’institution.

Manque de sommeil : la santé en danger

Santé Publique France rappelle l’importance du sommeil dans le BEH publié le 12 mars : « le sommeil joue un rôle crucial dans l’équilibre métabolique et thermodynamique, la restauration des tissus, la réparation des blessures, la croissance, la mémoire et le tri des idées ainsi que la régulation des émotions ». Le manque de sommeil met la santé en danger en augmentant les risques d’obésité, de diabète de type 2, d’accident vasculaire cérébral (AVC) et d’hypertension.

Accélération des rythmes de vie

Parmi les différentes causes énoncées pour expliquer le recul du temps de sommeil, le rythme de vie est largement pointé du doigt. Le sommeil semble en effet passer au second plan, distancé par les activités professionnelles et les loisirs. Le bruit, la pollution lumineuse et le réchauffement climatique sont également des facteurs qui perturbent le sommeil. Autre cause : les couchers trop tardifs (23 h 15 en moyenne) par rapport à l’heure de lever (6 h 48). Le manque de sommeil touche particulièrement les travailleurs de nuit. Ils perdent en moyenne 1 h de sommeil par nuit, ce qui représente 1 nuit en moins par semaine et 40 nuits en moins par an. Enfin, les écrans sont les pires ennemis du sommeil et nuisent énormément à sa qualité.

Quelques conseils pour mieux dormir

Les spécialistes l’affirment, la sieste constitue « l’une des contremesures les plus souples et efficaces face au manque de sommeil ». Elle permet de gagner en énergie, de conserver sa bonne humeur et de réduire la tension artérielle. Plus de 25 % des Français font une sieste de 50 minutes en moyenne au moins une fois par semaine. Pour bien dormir, il faut installer une atmosphère propice au sommeil. La chambre doit être fraîche (18 ° C), silencieuse et plongée dans l’obscurité pour ne pas perturber la sécrétion de mélatonine (hormone du sommeil). Veillez aussi à choisir une literie de qualité. En prévision d’une période difficile (examens, charge de travail plus importante, voyage), vous pouvez étendre vos horaires habituels de sommeil dans la semaine qui précède. L’activité physique est également bénéfique car elle améliore le sommeil lent profond et réduit le risque d’insomnie. Attention cependant à ne pas faire de sport le soir à l’approche du coucher.

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