Sport de haut niveau et ibuprofène ne font pas bon ménage

Sport de haut niveau et ibuprofène ne font pas bon ménage

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La prise régulière d’ibuprofène aurait des incidences sur les capacités physiques et le potentiel de reproduction des sportifs de haut niveau. À tel point que l’anti-inflammatoire pourrait provoquer chez les jeunes sportifs un déséquilibre hormonal habituellement rencontré chez les seniors. C’est en tout cas ce qu’affirme une récente étude de l’Inserm menée au sein de l’Irset.

Ibuprofène : la prise continue est dangereuse

L’ibuprofène, en vente sans ordonnance en pharmacie, est l’un des médicaments les plus consommés dans la population. Généralement, il est utilisé en cas de maux de tête, de douleurs dentaires ou encore d’état grippal. Mais, il est aussi utilisé massivement par les athlètes, souvent en automédication ou sous la pression de leur entourage professionnel, pour réduire les douleurs liées à la pratique sportive.

Les chercheurs de l’Inserm, avec l’appui des collègues du CHU de Rennes, de David Møberg Kristensen et ses collègues danois, et de chercheurs du LABERCA de Nantes, ont cherché à comprendre l’effet de la prise de cet anti-inflammatoire en continu chez les jeunes sportifs. Résultat ? L’essai clinique, mené auprès de 31 sportifs âgés de 18 à 35 ans, démontre que la prise prolongée à des doses importantes d’ibuprofène (1200 mg/ jour, soit 3 comprimés de 400 mg, pendant 6 semaines) exerce chez les jeunes hommes des effets perturbateurs endocriniens sévères conduisant à un état appelé « hypogonadisme compensé ». Cet état habituellement rencontré chez environ 10% des hommes âgés, est généralement associé à des risques accrus pour la santé reproductive, comme pour la santé en général.

Pour Bernard Jégou et Christèle Desdoits-Lethimonier, co-auteurs de l’étude, les conclusions de ce travail sont à prendre au sérieux : « il existe des sous-populations d’hommes qui prennent de façon continue de l’ibuprofène, notamment des hommes ne souffrant d’aucune maladie chronique comme des athlètes de haut niveau. Si cet état d’hypogonadisme compensé s’installe, le risque pour eux est d’accroître les risques déjà liés à ce médicament, mais aussi d’altérer leur condition physique (muscles et os), d’hypothéquer leur santé reproductive et même psychologique. » précisent-ils.

Automédication : une question de bon sens

D’une façon plus générale, l’étude démontre les limites de l’automédication, car un grand nombre de personnes sous-estiment encore les risques des médicaments sans ordonnance. Bien qu’ils soient en vente libre, leur prise n’est pas anodine. Il est déconseillé de recourir de façon systématique et abusive au contenu de l’armoire à pharmacie sans l’avis d’un professionnel de santé.

L’automédication doit rester ponctuelle et respecter quelques règles d’or comme la lecture attentive de la notice du médicament avant chaque prise et le respect de certaines modalités comme la durée de traitement et la posologie.

Si les symptômes persistent, s’aggravent ou se répètent fréquemment, il est vivement conseillé de consulter un médecin ou de demander l’avis d’un pharmacien.

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