Stop aux violences faites aux femmes !

Stop aux violences faites aux femmes !

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Crédits photo : ONU

Ce mercredi 25 novembre marque la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et le début de 16 jours d’activisme autour de cette problématique mondiale, plus que jamais d’actualité. À cette occasion, plusieurs organisations s’unissent afin de sensibiliser et mobiliser le grand public, les institutions publiques et privées et les gouvernements.

Un événement qui peine à attirer l’attention

La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes a été créée en 1991 par le Centre pour le leadership global des femmes. La date du 25 novembre a été choisie en 1999, en mémoire de Patria, Minerva et María Teresa Mirabal, trois sœurs militantes politiques assassinées le 25 novembre 1960 en République Dominicaine, sur ordre du dictateur Trujillo. Malgré les discours et déclarations qui se multiplient sur le sujet depuis quelques années, cette journée ne parvient pas encore à marquer les esprits. Pourtant, avec le contexte actuel, il devient essentiel de se mobiliser.

Violences faites aux femmes et Covid-19

Selon les données de l’Organisation des Nations Unies (ONU), 1 femme sur 3 dans le monde a subi des violences au cours de sa vie. Violences physiques, sexuelles, psychologiques, harcèlement, trafic d’êtres humains, mutilation génitale, mariage précoce… Aujourd’hui, la violence à l’égard des femmes constitue l’une des violations des droits humains les plus répandues, persistantes et dévastatrices.

La crise sanitaire liée au coronavirus tend à aggraver une situation déjà préoccupante. Le confinement, l’isolement social, l’insécurité économique et la restriction des déplacements entraînent en effet de nouveaux risques pour les femmes d’être exposées à des violences. En témoignent le nombre d’appels aux plateformes d’assistance, multiplié par 5 dans certains pays, et l’intégration de la prévention et de la réponse aux violences à de nombreux plans de lutte contre la pandémie.

“Orangez le monde”

Cette journée est en lien étroit avec la campagne Tous UNiS menée par l’ONU, et plus précisément par l’ONU Femmes, agence dédiée à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes. Lancée en 2008 et renouvelée chaque année, cette campagne se tient du 25 novembre au 10 décembre (Journée des droits de l’Homme) et constitue un appel à une action mondiale de sensibilisation, mobilisation, partage des connaissances et des innovations sur les violences faites aux femmes.

Pour l’édition 2020, la campagne s’appuie sur un thème global : “Orangez le monde : financez, intervenez, prévenez, collectez !”. Elle s’adresse aux gouvernements, aux sociétés civiles, aux organisations de femmes, aux groupes de jeunes, au secteur privé ou encore aux médias, tous invités à “oranger” les espaces physiques et virtuels (postes de travail, monuments, sites internet, signatures électroniques, réseaux sociaux, etc.) pour exprimer leur engagement.

En tant que particulier, le premier pas est simple : ouvrir les discussions en famille, entre amis ou collègues pour expliquer les enjeux de la campagne. Il est ensuite possible de s’engager personnellement dans une association, de proposer son aide à des structures d’accueil de femmes victimes de violences ou de faire un don auprès d’organisations présentes sur le terrain, comme le Fonds d’affection spéciale de l’ONU pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Violences faites aux femmes : quels dispositifs en France ?

En France, plusieurs mesures ont été prises pour lutter contre les violences faites aux femmes. En dehors des numéros d’urgence (17 pour la police, 18 pour les pompiers), il existe des plateformes d’écoute et d’information, à l’image du 3919. Mis en place en 2009, ce numéro d’appel anonyme et gratuit est géré par la Fédération nationale Solidarité Femmes. En 2018, il a enregistré plus de 50 000 appels. Le 3919 est destiné aux femmes victimes de violences, mais aussi aux personnes qui en sont témoins. Il est joignable du lundi au samedi, de 9 h à 19 h.

Plus récemment, le ministère de l’Intérieur a mis au point, en collaboration avec l’Ordre national des pharmaciens, un dispositif d’alerte qui permet aux victimes de se signaler discrètement dans les pharmacies en prononçant le code “masque 19”, qui déclenche un appel aux forces de l’ordre.

Enfin, depuis le 31 mars 2020, les victimes qui ne sont pas en mesure de se servir des moyens que nous avons cités peuvent envoyer un SMS au 114. Leur appel à l’aide est ensuite relayé aux forces de l’ordre par les opérateurs téléphoniques.

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