Stratégie vaccinale : les recommandations de la HAS

Stratégie vaccinale : les recommandations de la HAS

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La situation sanitaire reste préoccupante en France, comme dans le reste du monde. Ainsi, plus de 20 000 nouveaux cas sont confirmés chaque jour, avec une présence de plus en plus marquée des variants et une pression constante sur le système hospitalier. Ce mardi 2 mars, la Haute autorité de santé (HAS) a publié 3 nouveaux avis concernant la stratégie vaccinale. Basées sur des données scientifiques et épidémiologiques récentes, ces recommandations visent à vacciner plus et plus rapidement les personnes à risque de développer une forme grave de Covid.

Le vaccin AstraZeneca autorisé chez les plus de 65 ans

Jusqu’à présent, le vaccin à adénovirus AstraZeneca était réservé aux personnes de 50 à 64 ans présentant des comorbidités. Or, cela excluait les plus de 65 ans, qui représentent une grande partie de la population. Ce ne sera désormais plus le cas, puisque la HAS a rendu un avis favorable à l’élargissement de l’utilisation de ce vaccin, qui pourra être administré aux plus de 65 ans, sans limite d’âge, en 2 injections espacées de 12 semaines.

Cet avis découle d’une étude en vie réelle réalisée en Écosse, dont les résultats ont été publiés dans le British Medical Journal. Incluant 5 millions de personnes, cette étude avait pour but d’évaluer l’impact de la vaccination sur les hospitalisations, par tranche d’âge. Il faut noter que le vaccin AstraZeneca a été majoritairement utilisé pour vacciner les personnes âgées de plus de 65 ans. Les données ont révélé une baisse significative du nombre d’hospitalisations au sein de la population vaccinée, quels que soient la tranche d’âge et le vaccin administré. Les effets les plus marqués sont constatés entre 28 et 34 jours après la première injection, avec une efficacité de 85 % chez les 18-64 ans, 79 % chez les 65-79 ans et 81 % chez les 80 ans et plus.

Pharmaciens, sages-femmes et infirmiers pourront bientôt vacciner

Afin d’améliorer l’accès à la vaccination, la HAS a donné son aval à l’extension des compétences vaccinales des pharmaciens, sages-femmes et infirmiers, qui pourront administrer tous les vaccins existants aux populations cibles. Ils pourront réaliser les vaccinations au sein des centres dédiés, mais également dans les cabinets en ville, les officines et les équipes mobiles qui pourraient être mises en place pour assurer la vaccination des personnes isolées ou en situation de précarité.

Par ailleurs, la HAS a émis un avis favorable concernant l’élargissement progressif de la prescription par les pharmaciens et sages-femmes. Cet élargissement dépendra de la disponibilité des doses et se fera dans le respect de la priorisation des personnes à risque. Ainsi, les pharmaciens pourront prescrire le vaccin contre le Covid à tous leurs patients concernés, à l’exception des femmes enceintes et des personnes souffrant de troubles de l’hémostase. La prescription des sages-femmes sera quant à elle limitée aux femmes enceintes en priorité, ainsi qu’à leur entourage.

Comorbidités : une liste actualisée

Dans son communiqué de presse, la HAS a également présenté une liste actualisée des critères de comorbidité en intégrant les maladies hépatiques chroniques (cirrhose notamment), les troubles psychiatriques (schizophrénie, bipolarité, dépression), la démence et les antécédents d’AVC. Ces situations rejoignent les autres comorbidités, à savoir :

  • l’obésité (IMC supérieur à 30) ;
  • la BPCO et l’insuffisance respiratoire ;
  • l’hypertension artérielle compliquée ;
  • l’insuffisance cardiaque ;
  • le diabète ;
  • l’insuffisance rénale chronique (sans critère d’âge pour les patients dialysés) ;
    les cancers et maladies hématologiques malignes actifs et datant de moins de 3 ans (sans critère d’âge) ;
  • la transplantation d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques (sans critère d’âge) ;
  • la trisomie 21 (sans critère d’âge).

Enfin, la HAS a rappelé le rôle majeur de l’âge dans la survenue des formes graves. Ainsi, d’après les données issues des séjours hospitaliers en France, le risque de décéder du Covid est multiplié par 3 pour les 50-64 ans, par 7 pour les 65-74 ans, par 10 pour les 75-80 ans et par 16 pour les 80 ans et plus*.

*comparativement à la tranche d’âge 18-49 ans

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