Tabac : les cigarettiers accusés de tromper les fumeurs

Tabac : les cigarettiers accusés de tromper les fumeurs

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filtergateLe Comité National Contre le Tabagisme (CNCT) vient de déposer plainte contre les filiales françaises de quatre cigarettiers pour « mise en danger d’autrui ». Les fabricants sont accusés d’avoir falsifié les tests requis par les autorités sanitaires permettant de mesurer les quantités de substances nocives dans les cigarettes. Conséquence ? Un fumeur qui pense fumer un paquet par jour en fumerait, en réalité, de 2 à 10.

Au cœur du scandale « filtergate »

Ce nouveau scandale sanitaire n’est pas sans rappeler celui du « dielselgate ». Cette incroyable polémique avait révélé au monde les pratiques frauduleuses de certains constructeurs automobiles visant à falsifier les tests anti-pollution des véhicules diesel.

Cette fois, ce sont les quatre majors du tabac représentés en France (British American Tobacco, Philip Morris, Japan Tabacco et Imperial Brand) qui vont faire face à la justice. Le CNCT a d’ailleurs lui-même surnommé l’affaire « filtergate ».

D’après le comité, les fabricants auraient volontairement perforé les filtres de leurs cigarettes afin d’en changer les caractéristiques. Il est d’ailleurs facile d’apercevoir les trous et leur nombre en passant le filtre d’une cigarette près d’une lampe-torche.

Les cigarettiers auraient ainsi modifié secrètement les propriétés techniques des cigarettes dans l’objectif de tromper les laboratoires agréés devant mesurer les taux de goudron, de nicotine, et de monoxyde de carbone contenus dans les émissions des cigarettes fumées.

Ce système de micro-perforation, quasiment invisible à l’œil nu, ferait baisser les taux des substances dangereuses uniquement lorsque la cigarette est testée par une machine. En réalité, la teneur réelle de substances nocives inhalée par les fumeurs serait « entre 2 et 10 fois supérieure pour le goudron et 5 fois supérieure pour la nicotine ». Ainsi, les fumeurs qui pensent fumer un paquet par jour en fument, en fait, l’équivalent de deux à dix.

« La mise en place de ce dispositif de micro-orifices dans le filtre des cigarettes empêche les autorités en charge de l’application de la loi de savoir si les seuils de goudron, de nicotine, et de monoxyde de carbone qu’elles ont fixés sont dépassés » s’alarme le CNCT. En outre, un tel système de ventilation invisible trompe les fumeurs puisqu’ils ignorent l’ampleur réelle du risque qu’ils prennent.

« Le filtergate constitue assurément un nouveau scandale aux conséquences sanitaires majeures qui légitime que l’on encadre et surveille bien davantage les pratiques des fabricants de tabac » a déclaré le Pr Yves Martinet, Président du CNCT.

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