Tout ce qu’il faut savoir sur le moustique tigre

Tout ce qu’il faut savoir sur le moustique tigre

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Le moustique tigre représente l’une des questions de santé les plus préoccupantes du moment. Observé pour la première fois en France métropolitaine en 2004 près de Nice, il s’est peu à peu installé dans de nombreuses régions. À ce jour, 42 départements français sont officiellement colonisés.

Si le moustique tigre inquiète autant les autorités de santé, c’est parce qu’il peut être vecteur de nombreux virus comme celui de la dengue, du chikungunya ou Zika. Des maladies susceptibles de se transformer en véritable épidémie, comme cela est actuellement le cas dans certaines régions du monde.

Comment reconnaître le moustique tigre ?

Le moustique tigre est facilement reconnaissable à ses rayures noires et blanches qui l’habillent sur tout le corps ainsi que sur les pattes. Ses ailes sont complètement noires et sans tache. Sa taille varie fortement d’un insecte à un autre, mais il est généralement plus petit que le moustique commun et mesure moins d’un centimètre.

Le moustique tigre aime les environnements urbains et péri-urbains. Pour cause, il apprécie se retrouver proche de l’Homme. Il utilise de petites réserves d’eaux stagnantes pour déposer ses larves et se multiplier. On peut généralement le voir dans les quartiers résidentiels près des réservoirs artificiels d’eau (vases, pots, sous-pots, bidons, …). Une fois installé, le moustique tigre est particulièrement difficile à déloger.

Moustique tigre : quels risques ?

De son véritable nom Aedes Albopictus, le moustique tigre est souvent surnommé « moustique du chikungunya », « moustique de la dengue » ou « moustique Zika » du fait des maladies qu’il est susceptible de transmettre à l’Homme.

Le moustique tigre peut contaminer une personne lors d’une piqûre. Néanmoins, pour transmettre l’un de ces virus, il doit au préalable avoir piqué une personne infectée. C’est pourquoi, dans la plupart des cas, la piqûre du moustique tigre reste bénigne, comme celle du moustique commun. Elle se reconnaît facilement, car elle provoque un bouton plus gros, une rougeur plus intense et des démangeaisons plus fortes qu’une piqûre de moustique classique.

Le chikungunya

Le chikungunya est une maladie virale infectieuse initialement tropicale. Son nom signifie « se recourber ». Et pour cause, les personnes infectées subissent de très fortes douleurs articulaires et prennent un aspect « courbé ». Ces symptômes peuvent être accompagnés de douleurs musculaires, de maux de tête, d’une grande fatigue, de démangeaisons et d’une éruption cutanée. Dans ces manifestations, le chikungunya est finalement similaire à une grosse grippe. Dans certains cas, des hémorragies bénignes peuvent se déclarer au niveau des gencives. Une hospitalisation est parfois nécessaire. Chez les populations fragiles, la maladie peut entraîner de graves séquelles, voire la mort.

Les symptômes durent généralement entre 5 et 10 jours. Aucun médicament n’existe à ce jour pour lutter contre le virus. Un vaccin prometteur est toutefois à l’étude. En attendant, la prise en charge reste symptomatique : contrôle de la fièvre et de la douleur grâce à la prise de paracétamol, d’anti-inflammatoires, voire de corticoïdes.

La dengue

Tout comme le chikungunya, la dengue est une maladie virale infectieuse tropicale. La maladie provoque des symptômes semblables à ceux d’une grippe : fatigue, fièvre, maux de tête, douleurs articulaires et musculaires, nausées, vomissements, …

Les personnes infectées mettent généralement une bonne semaine à se remettre. Là encore, les populations fragiles sont plus à risques. Des complications sont possibles (dengue hémorragique, dengue avec choc volémique, …) pouvant entraîner la mort.

Le vaccin Dengvaxia® permet de protéger les populations contre la dengue. Pour l’heure, il n’est conseillé par l’Organisation Mondiale de la Santé qu’en cas d’épidémie.

Le zika

Le virus zika transmis par le moustique tigre est originaire d’Afrique. Il provoque des symptômes similaires à ceux du chikungunya ou de la dengue : de la fièvre, des maux de tête, des douleurs articulaires, une éruption cutanée, mais aussi parfois une conjonctivite.

Les symptômes disparaissent généralement d’eux-mêmes en 2 à 7 jours. Il existe néanmoins des risques de séquelles, notamment au niveau neurologique. Dans les cas les plus graves, le virus zika peut entraîner la mort.

Une vigilance particulière est attribuée aux femmes enceintes. En effet, une infection au virus zika en début de grossesse est à l’origine d’un risque de microcéphalie du fœtus. Pour faire simple, il s’agit d’une malformation grave liée à un retard de développement du cerveau. L’enfant souffre alors de troubles neurologiques.

Il n’y a pas de vaccin ou traitement spécifique à ce virus. Le traitement consiste donc à limiter les symptômes.

Comment évolue le moustique tigre en France ?

En France, le moustique tigre a été observé pour la première fois en 2004 près de Nice. Depuis, il se propage rapidement dans tout le territoire et s’installe chaque année dans de nouveaux départements. Avec les années, l’invasion a tendance à remonter vers le Nord de la France.

En 2018, 42 départements français sont officiellement colonisés par le moustique tigre. Sa présence a ainsi doublé entre 2016 et 2018 selon le ministère des Solidarités et de la Santé. Depuis l’apparition du moustique tigre en France, des cas de dengue et de chikungunya sont survenus, confirmant la possibilité qu’une chaîne de contamination de ces maladies se mette en place en métropole.

La progression du moustique tigre sur le territoire est favorisé par les flux de voyageurs au niveau mondial. En effet, il semble que ce moustique du genre Aedes soit arrivé en France via des voyageurs en s’infiltrant dans leurs bagages ou en profitant de leur moyen de transport (avion, voiture, train, …).

Certaines régions du monde sont particulièrement à risques actuellement. C’est le cas de l’île de La Réunion qui connaît une épidémie de dengue. Les échanges réguliers entre ce territoire ultra-marin et la métropole favorisent l’importation du virus dans l’hexagone.

Comment se protéger contre le moustique tigre ?

Pour lutter contre la prolifération du moustique tigre et par la même occasion celle des virus de la dengue, du chikungunya et de zika, plusieurs gestes doivent être mis en place par chacun d’entre nous :

  • Supprimer les eaux stagnantes autour de son domicile, car celles-ci permettent la reproduction des moustiques. Un récipient contenant de l’eau durant seulement 48 heures peut permettre de donner naissance à plusieurs centaines de moustiques.
  • Se protéger des moustiques en appliquant des répulsifs pour la peau et les vêtements, en portant des vêtements longs et amples et en utilisant une moustiquaire. Cette protection est particulièrement importante dans les départements placés en vigilance orange ou rouge, et en cas de voyage à l’étranger dans un pays à risques comme l’île de La Réunion.
  • Utiliser des répulsifs anti-moustiques pour protéger l’environnement (bougies, diffuseurs, sprays, …).

Comment réagir après une piqûre de moustique tigre ?

Une piqûre de moustique tigre est souvent totalement inoffensive : il n’y a donc pas de raison de paniquer. Néanmoins, mieux vaut rester prudent, car les premiers symptômes d’un virus mettent généralement plusieurs jours à se manifester.

Dans un premier temps, il est conseillé d’utiliser les remèdes classiques pour calmer les démangeaisons de piqûres de moustiques. En parallèle, il faut continuer à se protéger des piqûres de moustiques, en utilisant notamment une moustiquaire. En cas de seconde piqûre, un nouveau moustique tigre pourrait être porteur du virus et risquerait de contaminer une autre personne.

En cas de réaction allergique ou de tout autre signe anormal pouvant évoquer une infection à un virus (fièvre, douleurs articulaires, nausées, …), une consultation médicale est nécessaire dans les plus brefs délais.

Si un moustique tigre a piqué une personne fragile (femme enceinte, nourrisson, personne âgée, …), il est préférable de ne pas attendre l’apparition d’un quelconque signe et de consulter immédiatement un médecin.

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