Tuberculose bovine : quels dangers pour l’Homme ?

Tuberculose bovine : quels dangers pour l’Homme ?

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tuberculose vachePrès de 3 000 tonnes de viandes contaminées par la tuberculose finiraient chaque année dans nos assiettes. Un fait révélé dans une enquête publiée ce mercredi 25 octobre par Le Canard Enchaîné et largement relayé par l’ensemble des médias.

Si la nouvelle a de quoi inquiéter, qu’en est-il exactement ? Existe-t-il un danger pour l’Homme ? On fait le point.

Qu’est-ce que la tuberculose bovine ?

D’après le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, « la tuberculose bovine est une maladie animale contagieuse, due à des bactéries ». Néanmoins, la bactérie responsable de la tuberculose bovine ne serait « pas la même que celle de la tuberculose humaine » précise-t-il dans un communiqué de 2013.

Aucun risque pour l’Homme ?

Il n’y aurait donc aucun risque à consommer cette viande : « Aucun cas de tuberculose chez l’Homme n’a été constaté en consommant de la viande bovine », explique Jean-Luc Angot, Directeur général adjoint de l’alimentation. Seules les personnes en contact direct et prolongé avec les animaux atteints peuvent être contaminées, la maladie se transmettant essentiellement par voie respiratoire. « Le contact doit être répété ; la maladie, considérée comme professionnelle, concerne le plus souvent les éleveurs et les vétérinaires » ajoute-t-il.

En France, la vente de viande contaminée par la tuberculose est autorisée. Elle est encadrée par la réglementation européenne et imposée à la surveillance. Les animaux contaminés font l’objet d’une inspection post-mortem approfondie. « En l’absence de lésions de tuberculose, les carcasses peuvent être commercialisées. Si des lésions sont apparentes et localisées, la partie concernée est enlevée et le reste de la carcasse peut rentrer dans la chaîne alimentaire, car dans ce cas la bactérie est absente des muscles de l’animal » précise le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Un problème persiste …

Néanmoins, une question se pose : comment les consommateurs peuvent-ils faire la différence entre une viande contaminée et une qui ne l’est pas ? Car après tout, chacun est libre de choisir ce qui se trouve dans son assiette.

Pour l’instant, aucun étiquetage particulier n’est apposé sur l’emballage. Le consommateur n’aurait donc aucun moyen de savoir s’il achète de la viande issue d’une vache tuberculeuse ou non.

Pire encore, la viande contaminée serait vendue « en barquettes ‘premier choix’ » et plus chère que « la vulgaire vache de réforme » comme le souligne le Canard Enchaîné. En effet, les bovins exécutés pour cause de tuberculose seraient, en quasi-totalité, issus de races à viande proposées plus chères dans les rayons.

Dans le journal, Laurent Pinatel, un porte-parole de la Confédération paysanne, dénonce les pratiques des industriels qui revendent au même prix la viande au consommateur, alors qu’ils l’achètent à bas prix à l’agriculteur. « Les industriels de la viande profitent du malheur des éleveurs pour gagner encore plus d’argent (…) Ils utilisent les indemnisations versées par l’État pour tirer encore un peu plus vers le bas les prix du marché. »

Une situation dont bénéficient même nos voisins Outre-Manche. Au Royaume-Uni, les agriculteurs profiteraient de la législation française pour écouler leurs propres viandes contaminées …

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