Un anneau pour traiter l’insuffisance cardiaque ?

Un anneau pour traiter l’insuffisance cardiaque ?

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Crédits photo : EPFL

À Neuchâtel (Suisse), une dizaine de chercheurs se sont lancés dans un projet innovant et unique au monde : le développement d’un anneau qui pourrait être positionné autour de l’aorte pour aider le cœur à jouer son rôle de pompe. Ce dispositif serait proposé aux personnes souffrant d’insuffisance cardiaque, une pathologie de plus en plus fréquente en raison du vieillissement de la population. En France, 1 à 2 millions de personnes sont touchées par cette maladie.

Un projet à la pointe de l’innovation

Le laboratoire qui abrite le projet est spécialisé dans les muscles artificiels et rattaché à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Installé au pôle d’innovation Microcity, il s’appuie sur les compétences de chercheurs, d’ingénieurs et de doctorants pour concevoir des outils toujours plus modernes et futuristes. Yves Perriard est ingénieur spécialisé en micro-ingénierie et directeur du laboratoire. Travaillant depuis plusieurs années au développement d’applications utilisées en chirurgie cardiaque, il précise les intentions de son équipe : « notre objectif est de nous affranchir du cœur et de parvenir à propulser le sang vers l’aorte de manière plus efficace ».

Un dispositif déformable et non invasif

Les chercheurs suisses ont utilisé un matériau contractile capable de se déformer au micromètre près et l’ont associé à un ressort en titane. L’anneau formé par ces deux éléments pourrait être placé autour de l’aorte, principale artère du corps, puis se contracterait régulièrement pour assister les cœurs fatigués et assurer près de 100 000 contractions par jour. L’anneau ne serait en contact ni avec le sang ni avec le cœur afin de limiter les risques de caillot. Yoan Civet, proche collaborateur d’Yves Perriard, apporte quelques précisions : « tout est parti d’un plastique souple et élastique, constitué de molécules dites “électro-actives” qui, sous l’effet d’une tension électrique, se dilatent et se contractent au même titre que les muscles ».

La première phase des travaux est lancée !

L’objectif de l’équipe pour les prochains mois est double. Dans un premier temps, il faudra déterminer le nombre d’anneaux nécessaires pour garantir l’efficacité du mécanisme. En parallèle, les chercheurs devront concevoir le dispositif technique pour alimenter le prototype en énergie. Yves Perriard a déclaré à ce sujet : « nous pensons à un système d’induction magnétique, porté par exemple à la taille, qui transmettrait à distance l’énergie ». 2019 marque le lancement de la première phase des travaux. Des tests seront réalisés sur un assemblage de tuyaux transparents en silicone reproduisant virtuellement le cœur. Cette étape cruciale doit permettre de connaître les performances maximales du dispositif et de définir ensuite le profil précis des candidats au port de l’anneau. Des tests sur les animaux sont prévus, mais il faudra être patient puisqu’ils ne seront pas réalisés avant 2022.

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