Un dérivé de la kétamine pour lutter contre la dépression

Un dérivé de la kétamine pour lutter contre la dépression

503
0
<<<
>>>

La Food and Drug Administration (FDA) l’autorité de régulation du médicament aux États-Unis, pourrait bientôt autoriser le développement d’un spray nasal à base d’eskétamine pour lutter contre la dépression.

 Une nouvelle issue pour la dépression sévère

Le traitement pourrait par la suite être proposé aux personnes atteintes de dépression sévère. Ce spray nasal à l’eskétamine, qui est un dérivé de la kétamine, psychotrope utilisé en comme anesthésique est parfois administré par intraveineuse chez les personnes souffrant de ces types de troubles. Cependant, son accès reste très limité. Cela pourrait bientôt changer.

Un groupe d’experts indépendants vient en effet d’évaluer si le médicament administré par voie nasale devait être approuvé ou non par la FDA. Il ressort de ces tests de nombreux avantages pour finalement peu d’effets secondaires. Les 17 membres ont voté pour son approbation (14 voix « pour », 2 voix « contre » et 1 abstention). En France, 15 à 17% de la population souffre de dépression, soit une personne sur cinq. Un tiers d’entre elles sont résistantes à tous types de traitement pour lesquels il n’existait jusqu’ici aucune issue à leur mal-être. Le Spravato, nom commercial du spray, présente l’avantage d’agir très rapidement. En effet, il faut quatre à six semaines pour ressentir les effets positifs d’autres médicaments comme le Prozac, alors que quelques jours seulement sont nécessaires avec ce nouveau traitement. Cette action rapide est due aux molécules qui sont utilisées. ” En temps normal, il faut vraiment bien accompagner le patient jusqu’à ce que la molécule agisse. Si le virage de l’humeur peut se faire bien plus tôt, alors c’est une véritable avancée “, réagit le docteur Roland Coutanceau, psychiatre et président de la Ligue française pour la santé mentale.

Une prise très encadrée

Cependant pas question de laisser le patient dans la nature avec son spray. ” La posologie consisterait en deux pulvérisations par semaine, administrées dans un cadre hospitalier “, précise le docteur de Maricourt. Les chercheurs expliquent avoir choisi la forme « spray » pour sa praticité et sa non-dangerosité. ” Prise par voie orale, la kétamine est à 80% détruite par le foie. En intraveineuse, il existe un risque de surdosage. Comme l’intérieur du nez est capillarisé de petits vaisseaux sanguins, le spray s’avère être une bonne solution pour administrer le médicament en toute sécurité. ” Concernant les effets secondaires, il a été relevé une élévation de la pression artérielle, de la somnolence ou des troubles dissociatifs. ” Mais ces effets secondaires, fréquents et transitoires, disparaissent en quelques heures “, affirme le président de la Ligue française pour la santé mentale.

Certains médecins appellent toutefois à la prudence. La kétamine, aussi surnommée K, est classée comme stupéfiant. ” Il ne faut pas oublier que la kétamine est aussi utilisée pour un usage récréatif et peut donner lieu à de la toxicomanie. Il faut voir comment la consommation de ce médicament sera encadrée par les autorités pour ne pas créer de problèmes “, estime le docteur Maurice Bensoussan, président du Syndicat des psychiatres français. Le laboratoire Jansen a également fait une demande d’autorisation auprès de l’Agence européenne du médicament fin 2018. L’autorité ne s’est pas encore prononcée sur une possible mise sur le marché.

 

Laissez votre commentaire