Un nouveau patch contraceptif à l’étude

Un nouveau patch contraceptif à l’étude

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Crédits photo : Georgia Tech

Ce lundi 14 janvier, des chercheurs de l’Institut de technologie de Géorgie à Atlanta ont publié dans la revue Nature Biomedical Engineering les résultats d’une étude consacrée à un nouveau patch contraceptif. Inspirés par une technologie déjà utilisée pour l’injection de vaccins, ils ont conçu un moyen de contraception qui pourrait convenir à un grand nombre de femmes à travers le monde.

Contraception longue durée

Pour limiter les risques d’oubli de pilule, de plus en plus de femmes se tournent vers des moyens de contraception longue durée comme l’implant ou le Dispositif intra-utérin (DIU) qui garantissent une efficacité allant de trois ans pour l’implant à cinq pour le DIU. Seul inconvénient : leur pose nécessite l’intervention d’un professionnel de santé (médecin généraliste, gynécologue, sage-femme). Le patch imaginé par l’équipe de chercheurs dirigée par le docteur Mark Prausnitz a pour objectif de permettre aux femmes de gérer leur contraception en toute autonomie.

Des micro-aiguilles pour diffuser le contraceptif

Le principe du patch est simple et s’appuie sur des micro-aiguilles qui vont diffuser la molécule à effet contraceptif. Lors de la fabrication, les chercheurs ont cherché à maintenir des petites bulles d’air dans la partie supérieure des micro-aiguilles, créant ainsi une faiblesse structurelle. Lorsque le patch est appliqué sur la peau pendant seulement cinq secondes et légèrement décalé sur le côté, les micro-aiguilles se brisent sans entraîner aucune douleur et restent sous la peau. Des polymères biodégradables libèrent alors l’actif contraceptif : le lévonorgestrel. Ce progestatif est présent dans certaines pilules et dans le DIU hormonal. Il agit en bloquant l’ovulation et en épaississant la glaire cervicale pour empêcher le passage des spermatozoïdes. Il modifie également l’endomètre pour rendre l’utérus « hostile » à une éventuelle grossesse.

Premiers tests concluants

Une première phase de test a été réalisée sur des animaux afin d’évaluer si la dose de lévonorgestrel administrée est suffisante pour assurer la contraception. Après un dosage hormonal, les chercheurs ont pu constater que le patch offre un effet contraceptif pendant plus d’un mois, le taux de lévonorgestrel restant à un niveau supérieur à celui connu pour permettre une contraception efficace chez la femme. L’étude a également démontré la bonne tolérance du patch chez les animaux.

Élargir l’accès à la contraception

Selon les chercheurs à l’origine de cette innovation, ce nouveau patch permettrait à toutes les femmes de maîtriser leur contraception et leur fécondité comme elles l’entendent. Il pourrait aussi être particulièrement intéressant dans les pays où l’accès à la contraception est limité. Le dispositif n’a pas encore été testé sur des femmes mais l’équipe américaine est optimiste. Des essais complémentaires devraient être menés dans les mois qui viennent pour savoir si le patch peut contenir une quantité suffisante de lévonorgestrel pour assurer six mois de contraception.

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