Un sud-coréen amputé après une intoxication alimentaire

Un sud-coréen amputé après une intoxication alimentaire

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Fin juillet, des médecins de l’université médicale de Chonbuk (Corée du Sud) ont décrit dans le New England Journal of Medicine le cas d’un patient amputé de la main gauche après avoir contracté une intoxication alimentaire. Une complication grave due à l’état de santé général du patient.

Des douleurs insoutenables et une forte fièvre

L’homme de 71 ans s’était présenté au service des urgences avec des douleurs insoutenables à la main gauche associées à une forte fièvre. Les symptômes duraient depuis deux jours et s’étaient manifestés une douzaine d’heures après que l’homme ait mangé des fruits de mer crus dans un sushi-shop local. La paume de sa main gauche présentait des bulles remplies de sang mesurant 3,5 cm sur 4,5 cm. Le dos de la main et l’avant-bras étaient également touchés par un gonflement érythémateux et des ecchymoses ressemblant à des cloques violacées.

Une infection par Vibrio vulnificus

Très rapidement, les médecins ont diagnostiqué une infection par la bactérie Vibrio vulnificus. Très virulente, cette bactérie est associée à différentes espèces marines dont le plancton, les crustacés (huîtres, palourdes, crabes) et les poissons. Proche de la bactérie responsable du choléra, elle fabrique des toxines qui provoquent principalement des vomissements et des diarrhées. Des complications sont possibles chez les sujets particulièrement fragiles : gastro-entérite, plaies nécrosées, septicémie invasive.

Vibrio vulnificus est une bactérie qui se développe surtout dans les milieux estuariens des zones tropicales et tempérées. Elle peut être ingérée en mangeant des fruits de mer ou des crustacés crus ou insuffisamment cuits voire même au cours d’une baignade. Dans les pays asiatiques comme la Corée du sud, elle se transmet notamment par contact ou consommation de poisson d’élevage.

Aux Etats-Unis, Vibrio vulnificus fait partie de la flore et se développe naturellement dans les eaux tièdes et salées de la côte ouest de Floride. En 2016, 23 personnes avaient été infectées après s’être baignées et 5 d’entre elles étaient ensuite décédées. Des chiffres en nette baisse par rapport à 2015 où 45 infections et 14 décès avaient été recensés. En France, seulement 8 cas d’infection par Vibrio vulnificus ont été rapportés entre 1995 et 2001, tous étant arrivés sur le littoral atlantique. Les conditions (salinité et température de l’eau) étaient à l’époque favorables au développement de la bactérie. Aujourd’hui, les risques sont faibles et des recommandations aux personnes les plus vulnérables permettent de limiter la survenue de complications.

Un traitement par antibiotiques inefficace

Le patient sud-coréen a été opéré en urgence afin que les médecins puissent traiter les lésions de sa main. Il a ensuite reçu un traitement antibiotique par voie intraveineuse qui n’a pas été efficace puisque les plaies ont évolué en ulcères nécrotiques profonds qui ont conduit les médecins à amputer le patient jusqu’à l’avant-bras une vingtaine de jours après sa prise en charge.

Dans la majorité des cas, le système immunitaire est suffisamment fort pour combattre l’infection par Vibrio vulnificus. Ce n’est cependant pas le cas chez les personnes fragiles, immunodéprimées ou souffrant de maladies hépatiques. Dans ce cas précis, le patient souffre d’un diabète de type 2, d’hypertension et d’une insuffisance rénale en phase terminale. Autant de facteurs qui expliquent les complications auxquelles il a été confronté. Aujourd’hui, l’homme est rentré chez lui après s’être bien remis de cette douloureuse épreuve.

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