Un test sanguin pour prédire les naissances prématurées

Un test sanguin pour prédire les naissances prématurées

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Une équipe de chercheurs américains et danois s’est lancé un défi de taille : développer un test sanguin capable de détecter au cours de la grossesse le risque de naissance prématurée. Publiés dans la revue Science, les résultats de leur étude pilote préliminaire sont prometteurs et annoncent ce qui devrait être un progrès significatif dans le domaine de la prématurité.

Vers une avancée médicale majeure

Le professeur Mads Melbye de l’université de Copenhague est engagé depuis des années dans des recherches visant à comprendre les causes des naissances prématurées. Pour cette étude, il travaille en collaboration avec, entre autres, le professeur Stephen Quake de l’université de Standford. Spécialiste en bio-ingénierie et physique appliquée, le professeur Quake est également l’ancien dirigeant de l’équipe qui a créé en 2008 un test sanguin pour détecter le syndrome de Down (trisomie 21), utilisé aujourd’hui sur plus de 3 millions de femmes enceintes chaque année.

Le test dont il est question dans cette nouvelle étude devrait permettre d’identifier avec précision le risque de prématurité par une simple prise de sang réalisée deux mois avant l’accouchement. Il déterminerait également le niveau de développement du fœtus et donc la date du terme de la grossesse avec davantage de précision qu’une échographie.

Les tests actuels pour prévoir la prématurité ont un fonctionnement limité et une précision réduite et sont surtout préconisés pour les femmes à risque, les femmes ayant eu recours à une fécondation in vitro (FIV) et celles qui ont connu des fausses couches répétées. Simple et peu coûteux, ce nouveau test pourra être généralisé. Les résultats publiés doivent à présent être confirmés et validés par une étude plus large.

Détecter les gênes prédictifs

Les chercheurs ont identifié sept gènes impliqués dans la prématurité. Le test consiste en un séquençage des brins d’ARN (acide ribonucléique, support de l’information d’un ou plusieurs gènes) visant à observer l’activité des gênes maternels, placentaires et fœtaux et à déterminer si le risque de naissance prématurée est présent ou non.

Déjà réalisé sur une trentaine d’échantillons, ce test a prédit six naissances prématurées sur huit lors de la première phase de l’étude puis quatre sur cinq dans la seconde, induisant un taux de détection compris entre 75 et 80 %. En parallèle, le taux d’erreurs est resté faible, compris entre 4 et 17 %.

Améliorer la prévention et la prise en charge

On dénombre actuellement près de 15 millions de naissances prématurées dans le monde chaque année. En France, environ 60 000 bébés naissent prématurément (au moins trois semaines avant la date prévue d’accouchement), ce qui représente 7 à 8 % des naissances annuelles. Première cause de décès avant l’âge de 5 ans, la prématurité reste difficile à prédire et les professionnels de santé s’appuient principalement sur l’identification de facteurs de risque tels que des malformations utérines, des infections urinaires à répétition, du diabète ou une grossesse multiple. Ce test permettrait donc de mieux anticiper les naissances prématurées, d’améliorer la prise en charge de ces nourrissons et donc d’optimiser les soins qui leur sont apportés.

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