Une naissance inespérée au CHU de Montpellier

Une naissance inespérée au CHU de Montpellier

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Crédits photo : Midi Libre

C’est un petit miracle qui s’est produit il y a quelques semaines au Centre hospitalier universitaire de Montpellier (Hérault). Claire, une jeune maman à qui les médecins avaient diagnostiqué un cancer du col de l’utérus il y a deux ans, a pu accoucher d’une petite fille après avoir bénéficié d’une intervention encore peu répandue. Une première pour l’hôpital et un grand espoir pour de nombreuses malades.

« On s’était dit que ça ne serait jamais possible »

En septembre 2016, Claire voit son désir d’enfant menacé lorsque des médecins lui annoncent qu’elle est atteinte d’un cancer du col de l’utérus. Une pathologie pour laquelle ils recommandent une hystérectomie (ablation totale de l’utérus) en urgence. Cette méthode, largement utilisée pour favoriser la guérison, est également synonyme d’infertilité.

Claire et son compagnon Maxime sont alors orientés vers le CHU de Montpellier où ils rencontrent le docteur Gauthier Rathat, gynécologue obstétricien au Pôle Femme Mère Enfant. En novembre, soit deux mois après le diagnostic, Claire bénéficie d’une trachélectomie (ablation du col de l’utérus). C’est cette technique qui lui permet de guérir puis de tomber enceinte et de porter son premier enfant.

Une méthode encore peu répandue

L’ablation du col de l’utérus est une technique qui reste peu utilisée par les médecins en raison du manque de formation et dont toutes les patientes ne peuvent malheureusement pas bénéficier. Le docteur Rathat précise qu’il faut avant tout « s’assurer qu’il est possible de ne retirer qu’une seule partie de l’utérus ». Lorsque cela est envisageable, « cela permet de traiter à la fois la maladie et de permettre aux patientes de tomber enceintes ».

Une trachélectomie peut être réalisée sur des femmes de moins de 40 ans qui ne sont qu’à un stade peu avancé de la maladie. Cependant, la prise en charge souvent tardive du cancer du col de l’utérus explique en partie le fait que les médecins ne puissent pas la pratiquer. Les grossesses qui sont menées après une telle intervention sont plus surveillées que les autres car les risques de fausse-couche et de grossesse extra-utérine sont plus élevés.

Une histoire à partager

Aujourd’hui, Claire et Maxime veulent partager leur expérience et surtout montrer, avec la naissance de leur petite Loéva, qu’il est possible de porter et de mettre au monde un enfant même après avoir été touchée par un cancer. Le docteur Rathat rappelle quant à lui que le cancer du col n’est pas forcément synonyme de cancer de l’utérus et qu’il existe d’autres options que l’ablation totale de l’utérus.

Chaque année en France, près de 2 800 cas de cancer du col de l’utérus sont recensés. 45 % des femmes concernées ont moins de 45 ans. Les médecins recommandent de réaliser un frottis tous les trois ans afin d’assurer un dépistage et une prise en charge rapides et limiter les interventions lourdes. La vaccination contre le papillomavirus (responsable de 70 % des cancers du col) permet également de réduire les risques. Remboursée par la Sécurité sociale, elle est conseillée aux jeunes filles à partir de l’âge de 11 ans et se fait en deux injections.

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