Une nouvelle mesure pour élargir les compétences des pharmaciens

Une nouvelle mesure pour élargir les compétences des pharmaciens

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C’est une petite révolution qui vient d’être amorcée par la députée Delphine Bagarry, membre de La République en marche (LREM) et médecin urgentiste de profession. Elle a en effet proposé un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale visant à élargir encore davantage le champ d’action des pharmaciens. Ils pourraient bientôt être autorisés à délivrer des médicaments soumis à une prescription médicale sans qu’une ordonnance ne leur soit présentée par les patients.

Une mesure cohérente

Bien qu’elle soit au cœur d’un vif débat entre les pharmaciens et les médecins, qui s’y sont déjà fermement opposés, cette mesure est en totale cohérence avec la ligne directrice fixée par le gouvernement qui souhaite étendre les délégations de compétences dans le but de « libérer du temps médical » et de lutter contre les déserts médicaux. Les trois délégués à l’accès aux soins désignés par Agnès Buzyn ont remis la semaine dernière un rapport dans lequel ils préconisent de définir « un panier de soins de base » pour lesquels les pharmaciens seraient habilités à délivrer les premiers traitements. En Suisse, 20 % des officines proposent ce service pour différentes pathologies comme la cystite (infection urinaire), l’eczéma ou la conjonctivite.

Un changement bien encadré

Si l’amendement est officiellement adopté à l’issue du débat parlementaire, une expérimentation sera lancée pour une période de trois ans au sein de deux régions, qui ne sont pas encore connues. Les pharmaciens ne prescriraient pas eux-mêmes les médicaments mais agiraient dans le cadre d’un « protocole médical et de coopération » établi au préalable avec le médecin traitant et les communautés de santé locales. Les médicaments concernés seraient renseignés dans une liste définie par un arrêté.

Assurer un suivi santé sur tout le territoire

Depuis mars 2018, les pharmaciens sont autorisés à réaliser des bilans de médication pour les personnes âgées. Dans certaines régions, ils peuvent délivrer le vaccin contre la grippe aux personnes les plus à risque, dispositif qui pourrait être généralisé à toute la France d’ici l’automne 2019. Cette nouvelle mesure devrait donc modifier encore un peu plus nos habitudes en termes de parcours de soins. L’objectif à terme est clair : restructurer les soins de ville pour assurer un suivi de santé de l’ensemble de la population. Cela passera également par la création de nouvelles maisons de santé et l’installation de Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) sur tout le territoire d’ici 2021.

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