Vente de médicaments en grandes surfaces : l’avis d’Agnès Buzyn

Vente de médicaments en grandes surfaces : l’avis d’Agnès Buzyn

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La ministre de la santé et des solidarités Agnès Buzyn était l’invitée de Jean-Jacques Bourdin pour l’émission « Bourdin Direct » diffusée sur RMC et BFMTV. La majeure partie de l’entretien a porté sur les différentes mesures du Plan Santé, auquel nous avons consacré un article complet. Toutefois, la fin de l’échange est passée quelque peu inaperçue, sauf peut-être pour les acteurs de la grande distribution.

Acheter ses médicaments en grandes surfaces ?

Évoquant les pressions des institutions européennes pour procéder à un relâchement des barrières entourant les professions réglementées, le journaliste de RMC a demandé à la ministre s’il serait bientôt possible de vendre et acheter des médicaments dans les grandes surfaces. Agnès Buzyn a alors rappelé l’importance du rôle des pharmaciens qui « sont extrêmement bien formés et très utiles dans leurs missions de santé publique » et qui participeront activement au nouveau Plan Santé. Ils sont en effet les mieux placés pour conseiller et informer les patients sur les médicaments et leurs effets secondaires.

« Je ne pense pas que des grands supermarchés, dont je ne citerai pas le nom, soient en capacité de nous aider pour la Santé Publique » a ajouté la ministre. Une petite phrase qui, même si cela n’est pas évident pour les non-initiés, fait référence au réseau de grande distribution E. Leclerc.

Le combat (vain ?) de Michel-Edouard Leclerc

Depuis de nombreuses années, Michel-Edouard Leclerc (PDG du groupe) plaide pour la levée du monopole officinal et se bat pour pouvoir vendre librement des médicaments disponibles sans ordonnance dans ses parapharmacies. Les tests de grossesse disposent déjà de cette autorisation depuis 2014 mais la dernière demande du responsable breton concerne les patchs de sevrage tabagique et les autotests de dépistage. Jusqu’ici, les pétitions, lettres aux pharmaciens et courriers officiels adressés au Ministère de la santé n’ont pas abouti et l’on a bien compris qu’Agnès Buzyn n’est pas prête à céder.

Un maillage pharmaceutique exemplaire

Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) a quant à lui publié un communiqué en juin dernier pour exprimer son opinion sur le sujet. Il rappelle que la France dispose d’un « maillage pharmaceutique exemplaire » avec des pharmacies d’officine présentes sur l’ensemble du territoire, que ce soit en ville, dans les milieux ruraux ou les quartiers difficiles. En outre, plus de 1 000 pharmacies sont ouvertes la nuit, les dimanches et les jours fériés. Gilles Bonnefond ajoute que « le discours de la grande distribution n’est pas en phase avec la politique de sécurité autour du médicament ».

L’Autorité de la concurrence a lancé en novembre 2017 une enquête sectorielle sur le médicament dont les conclusions devraient être rendues courant 2019. D’ici là, la pharmacie reste le seul endroit pour vous procurer vos médicaments en toute sécurité, avec un conseil personnalisé et des prix parmi les plus bas de l’Union Européenne.

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