Vêtements et chaussures à l’origine d’allergies cutanées

Vêtements et chaussures à l’origine d’allergies cutanées

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Saisie par les ministères de la santé et de l’économie, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a publié ce mercredi 4 juillet un rapport qui confirme les risques d’allergies et d’irritations cutanées dus à la présence de certaines substances dans les vêtements et les chaussures. Plusieurs recommandations devraient être examinées pour mieux informer et protéger les consommateurs.

Une étude pionnière en France

Depuis janvier 2017, l’ANSES mène une étude inédite pour la France en collaboration avec des médecins spécialistes (dermatologues, allergologues, toxicologues) et une trentaine de patients. L’étude a d’abord porté sur l’analyse de la littérature scientifique afin d’établir un état des lieux des connaissances en matière de réactions cutanées dues au port de vêtements ou de chaussures.

Cette analyse a été suivie par des essais sur une quarantaine d’articles neufs provenant de plusieurs points de vente, l’objectif étant de rechercher les différentes familles de substances chimiques présentes dans les produits.

L’étude sera poussée jusqu’au mois d’octobre 2018 et les résultats obtenus donneront alors lieu à un avis complémentaire au rapport qui vient d’être publié.

Des substances néfastes pour la peau et l’organisme

Les recherches menées lors de l’étude ont démontré la présence de substances chimiques particulièrement irritantes, toxiques voire cancérigènes telles que la benzidine, le chrome VI, le formaldéhyde, le colorant azoïque et le nickel.

Des nonylphénols ont également été retrouvés. Ces composés organiques synthétiques provoquent des irritations, sont toxiques pour les fonctions reproductives et accusés d’être des perturbateurs endocriniens. La 1,4-paraphénylènediamine, également retrouvée sur les articles testés, constitue quant à elle une source de dermatites de contact.

Les recommandations de l’ANSES

Face à ces constatations, l’ANSES recommande aux consommateurs de laver leurs vêtements neufs avant de les porter pour la première fois. Un passage en machine permet en effet de réduire l’exposition aux substances chimiques néfastes. Elle conseille également de consulter un spécialiste pour réaliser un bilan allergologique qui permettra d’identifier la substance responsable de la réaction pour mieux l’éviter par la suite.

L’ANSES fait également des recommandations aux fabricants de vêtements et de chaussures. Ceux-ci doivent s’assurer auprès de leurs fournisseurs que les matières premières ne contiennent pas de substances CMR (cancérigènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction), irritantes ou sensibilisantes. Les fabricants devraient également abaisser les taux maximums réglementaires de certains produits, notamment celui du chrome VI dans les articles en cuir. Un seuil réglementaire pour le nickel devrait être mis en place, comme c’est déjà le cas pour les jouets, les cosmétiques et les bijoux.

Enfin, les recommandations de l’ANSES s’adressent aussi au gouvernement qui est invité à maintenir les contrôles afin d’éviter la commercialisation d’articles non conformes à la réglementation. Le développement d’un dispositif d’information (étiquetage, emballage) doit être envisagé pour signaler la présence potentielle de substances nocives aux consommateurs. A l’échelle européenne, une mise à jour des substances provoquant des réactions cutanées doit être réalisée pour élargir le champ des connaissances sur le sujet.

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